Sous le choc des événements de ces derniers jours : L'attaque de Charlie hebdo, la prise d'otages, les assassinats planifiés, j'étais dans un premier temps saisie de stupeur. Certes nous savons ces exactions quotidiennes, mais ailleurs, loin de chez nous. Nous compatissons, puis nous passons à autre chose. Mais là, il s'agit de Charlie Hebdo, un journal pas tout à fait comme les autres. Un survivant de l'esprit soixante-huitard. Une anthologie de l’irrévérence, de l'impertinence, de l'insolence, du coup de gueule paillard. Un parti pris courageux de l'humour sacrilège et blasphématoire. Indispensable et irremplaçable. Même et surtout si certains dessins pouvaient choquer, être incompris. C'était le but. Rien ne semblait pouvoir arrêter ce rempart contre la bêtise, l'ignorance et l'obscurantisme.
La suite des événements me fait vraiment peur. Une peur raisonnée, maîtrisée : Que va-t'on faire de ces événements ? Après le choc émotionnel bien compréhensible, il faut bien vite retrouver notre raison, notre discernement, notre clairvoyance, notre lucidité et ne pas se laisser emporter par cette émotion larmoyante et stérile, dangereuse pour la liberté. Car c'est elle qui est maintenant en première ligne. Quelles mesures de sécurité sommes nous prêts à accepter pour nous protéger ? La vie est une aventure dangereuse. Nous ne pourrons jamais supprimer tous les risques inhérents à notre condition humaine. Mobilisons-nous pour défendre notre imaginaire, nos utopies, nos espoirs, nos libertés, nos valeurs et réfléchissons avant tout à leur pérennité et à leur transmission.
Là où il y a servitude il ne peut y avoir de liberté. La servitude est multiple, protéiforme, insidieuse. L'éducation, est assurément sont premier remède.
Aix le 10 janvier 2015
Mireille MOUTTE