Publié le 21 Décembre 2017

La nostalgie,

Quelques verres de rosé du Ventoux, la côte de bœuf qui grésille sur le barbecue, le parfum des tomates à la provençale, des lavandes, le concert des grenouilles, une ambiance chaleureuse, la confiance réciproque, le coucher de soleil flamboyant, la douce fraîcheur de la nuit qui s’installe, le bonheur des souvenirs échangés jusqu’à plus soif. L’enfance, la jeunesse, les parents disparus depuis longtemps, la vie d’alors …. Les histoires du temps passé et Roger retient difficilement ses larmes. Une vie d’Homme résumée en quelques mots. Une vie simple et singulière. Autant de visages, autant d’expressions : deux yeux, un nez, une bouche, tous pareils, tous différents et pourtant.... La nostalgie a toujours les mêmes racines : l’enfance heureuse ou malheureuse est le creuset de toutes nos émotions, de l’apprentissage de la vie, de ce qui a fait ce que nous sommes. Nous avons évolué, fait des expériences, donné et reçu des coups, nous avons aimé, détesté, appris à cacher nos émotions, à nous protéger, mais il suffit de gratter un peu le vieux cuir endurci et le petit garçon resurgit en culotte courte, avec ses rêves, ses espoirs qui ne se sont pas tous réalisés ou réalisables (tout le monde ne peut pas être Marlon Brando, Rita Haword ou Ingénieur des Arts et Métiers), mais qui sont aujourd’hui la fleur de la mélancolie, de la tendresse d’une époque révolue. D’autres projets, d’autres envies les ont remplacés, mais qu’est ce que c’était chouette la réussite au certif, le premier vélomoteur, les tours pétaradants dans le quartier, les baignades aux calanques, les copains, la fête, l’insouciance du lendemain, toute la vie devant soi, du temps à perdre à ne plus savoir qu’en faire. Des chagrins et des regrets aussi, mais ils se sont peu à peu dilués dans le temps. On embellit un peu l'idéal de l’ancien temps. Qu’importe si on réécrit un tant soit peu l’histoire, la mémoire nous joue déjà des tours. Elle est tellement belle la légende, on veut bien y croire encore un peu, surtout si ça finit bien, comme au cinéma, comme sur l’écran blanc de nos nuits blanches, comme les contes de fées, bien que ceux de Perrault étaient souvent sanglants (le Petit Poucet, le petit chaperon rouge…) C'était l’éducation de l’époque, quand on vous dit que c’était super ! Bon sang de bonsoir ! Pour l’heure l’amitié est là pour nous réchauffer, pour nous rassembler. La fraternité, quel beau mot retrouvé pour un instant magique de partage.
Mireille MOUTTE
 

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Rédigé par ab irato

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