Publié le 12 Novembre 2018

Planète Comme la terre contourne inexorablement le soleil, comme les feuilles, sans hésiter, tombent en automne, comme mouille sans tergiverser la pluie, septembre irréductible, met fin à notre insouciante vacance. Le clapotis des vagues est toujours là, le sable fluide est encore chaud, les ajoncs se balancent langoureux au gré du vent, le soleil avec ponctualité brille au Zénith. Nous connaissons par cœur tout ça, c’était notre domaine partagé un été avec les mouettes, les goélands, les arabesques d’algues, les galets rutilants et quelques autres bipèdes de moindre importance. En roulant à très vive allure dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, à l’inverse des planètes, à rebours des vents, des marées et des courants, nous remonterons peut-être le temps. Nous conserverons amoureusement tout ce que l’on pourra, mais bien avant les tours de Carcassonne, la mélancolie des côtes bretonnes s’estompera et les puissantes et austères bombardes feront place aux tumultueuses et sensuelles guitares. A quelques brasses de là notre «mare nostrum» s’étale, impassible, étincelante, sûre d’elle, elle en a tant vu ! Après tout, le soleil se lève toujours à l’Est. Pour quelques temps encore nous lancerons notre ancre dans son espace. «J’ai pris pour habitude de vivre largement au-dessus de mes moyens».. Et là, et là......délivrée des contingences terrestres, des vertiges en vestiges, des ignorants préjugés, du conformisme de bon aloi, des mythes et des croyances, baignant dans le suc essentiel de la vie, si la conjoncture des astres le permet, si l’anse est calme, si nous savons discrètement nous faufiler entre les mailles du filet, si nous savons voir, écouter, sentir, chanter, rien n’est perdu, tout recommencera...la la la la la.....Mais le bonheur n’est pas toujours très gai, c’est le risque qui l’exalte et le pigmente. Coûte que coûte, reprenons vite la haute mer. Mireille MOUTTE« A partir du moment où elle est reconnue, l’absurdité est une passion, la plus déchirante de toutes” Le mythe de Sisyphe d’Albert Camus

Planète

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0