Publié le 21 Novembre 2020

Opéra

Je suis Carmen, je suis Mireille, je suis Yentel, je suis Maria et pourquoi pas Hamlet, le Cid,  Cyrano, Don Quichotte et Sancho Pancha.

Au pied les remparts d’Aigues Mortes des esplanades en perdition, 

Des moulins chimériques, d’espagnoles ruines de châteaux de cartes,  

Des  terres arides, des terres brûlées, du bitume, du granit, du sable.

Le rideau enfin se soulève, ils sont tous là, ils jouent tout contre moi.

Je suis leur Dulcinée, leur Ophélie, leur Chimène, leur Roxane, 

D’Yseult à  Karen Blixen enlacées, leur éternelle madeleine. Seuls  gardent leur jeunesse à jamais les amours 

tourmentés.

Sous les brocarts écarlates et le panache, fuyons le cotillon trop sage.
Dansons la tarentelle, le fandango, la séguedille, la farandole et la java. 

Chantons à l’unisson Mozart, Bizet, Gershwin, Grappelli et Bechet. 

Aimons nous enfin bordel de Dieu  sans faribole, sans trémolo, sans détour. 

Le soleil fougueux de Camargue sans retenue  nous inonde et nous brûle.

Sous l’œil étonné des  taureaux luisants surpris par l’ultime estocade. 

On roule le tabac blond sur nos cuisses brunes et le vin coule à flot  

C’est dramatique, c’est merveilleux, c’est divin, c’est à  mourrir d’un rien.

C’est l’infini sans fin des choses qui nous transportent et qui nous clouent.

Toujours  je frémis d’émotion au furtif moment d’un instant imprévu.

À la tragique destinée de nos arrogantes et dérisoires existences.  

Entendez vous  au loin l’orgueilleux fleuve impétueux noir qui gronde.

Irrésistible souveraine la plage des Saintes l’étalera  sur ses genoux.

 

                                                           Mireille MOUTTE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par ab irato

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