Publié le 30 Mars 2022

Écœurement

 

Écœurement pour un monde complètement dévoyé au profit exclusif du pouvoir des plus forts. C’est pas nouveau, mais ce soir particulièrement les événements me « percutent ». On ne va plus pouvoir continuer à  faire « comme si de rien n’était », regarder ailleurs ! Il va falloir joindre le geste à la parole. Être du côté du bien et s’en contenter n’est plus tenable : la charité, l’argent, la parole, l’écrit, la prise de conscience, s’ils n’aboutissent pas à la transformation de cette réalité sont une trahison de notre humanisme. Comment  vivre et profiter pleinement de sa vie,  si conscient de cette complicité tacite, on  l’édulcore, la minimise , la nie, pour notre confort physique et intellectuel. Une omerta d’hypocrisie partagée par tous.  Chacun, chacune a son petit chemin à suivre, à protéger, sa stratégie pour s’en sortir au mieux de ses possibilités. Le déni de la gravité  de notre condition humaine et environnementale sur la terre est abyssal. Là où l’union de tous les Hommes de  « bonne volonté » (l’OTAN ? L’Europe ?) serait indispensable pour un avenir désirable et durable, on se retrouve enlisés dans les tranchées d’un Verdun du XX° siècle, avec l’arme nucléaire en point de mire.  Une dissuasion en berne et un progrès quelque peu régressif ! Nous allons droit dans le mur,  conquérants volontaires du néant. Et si l’aventure humaine devait échouer? .. s’interrogeait Théodore Monot. Dans quel monde voulons nous survivre ?   Je ne sais pas s’il existe finalement une solution à notre incapacité à vivre  harmonieusement avec toutes les entités terrestres.

J’essaye de penser aux homards du Titanic ….j’ai du mal.
 

                                         Mireille MOUTTE

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0

Publié le 14 Mars 2022

Je pense à vous là bas résistants au chaos  et moi ici impuissante, dérisoire avec mes pansements contre les bombes. L’EST,  l’URSS a été pendant très longtemps pour moi une terra incognita lointaine onirique, propice à l’imaginaire : la Taïga, les champs de neige, les steppes, les forêts de bouleaux, Leningrad, La Neva, La balalaïka, les Isbas, les troïkas, les poupées russes, les babouchkas et bien sur l’héroïsme de la révolution.. J’aimais ce pays lointain si différent du mien,  Pouchkine, Tolstoï, Dostoïsvski … Mais voilà le temps est passé, la rêverie n’est plus d’actualité surtout aujourd’hui où le pays plus près que jamais nous assaille. Le livre d’images se referme et la fureur s’impose. Un passé incongru ressurgit  du 19° siècle que je croyais révolu en Europe, que je pensais naïvement contraire aux bons usages de « notre civilisation avancée, policée ». Mais Le Napoleon d’Abel Gance, en embuscade, est toujours vivant avec sa boulimie de conquêtes, de misère et de morts. Faut-il que le sang coule encore sur les escaliers d’Odessa ? Que se révolte le Potemkine ? Toujours les mêmes histoires de nation en danger, de civilisation à imposer, de liberté à conquérir, de jeunesses sacrifiées, sous couvert de quelques variantes économiques, énergétiques….. sordides. C’est peut-être notre destin consenti de laisser nos vies manipulées entre les mains expertes des stratèges de toutes obédiences !!!


Mais  comme vous, je ne veux pas m’y résoudre. Nous sommes tous prisonniers de cette horreur mortifère, de cette épouvante guerrière. Les mots  sont devenus dérisoires face à l’effroi qui me saisit, tant ma faiblesse est grande face aux forces destructrices toujours en présence qui dominent le monde. Je veux croire encore et encore à la victoire des citronniers sur les bulldozers.

 

                                     Mireille MOUTTE

Lettre aux Babouchkas

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0