Publié le 7 Janvier 2018
Dans le labyrinthe de ma vie je ne cherche plus grand chose, sinon rien. Je vis « tout simplement ». J’essaye, tous les jours, maladroitement, à tâtons, de me nourrir de sa substantifique moelle. Les jours filent, je file avec. Il n’y a pas de sens, pas de raison, pas d’explication, pas de signe, mais un présent instable à apprivoiser, à bricoler sans cesse. Je suis née d’une rencontre (comme beaucoup, pour quelques temps encore) d’un spermatozoïde et d’un ovule, du hasard et de la nécessité. Je vis d’occasionnelles rencontres qui se font, se défont ou ne se font pas, d’expériences réussies, d’occasions ratées, de manques et d'amitiés inoubliables. Combien de chagrins? Combien de bonheurs ? Qu’importe, l’affaire est faite. Je ne fais plus le compte, pourquoi faire ? L’ensemble fait partie de moi, il m’a construite, il est l’essence même de ce que je suis. Rien n’était écrit, si ce n’est le fil du temps dans le cosmos. J’ai fait quelques choix et mes gènes, mon tempérament, mon caractère, mon milieu, les hasards ont fait le reste.
Toutes ces années étaient indispensables à mon complet aboutissement. Comme un bon camembert, j’arrive aujourd’hui à maturation. Un seul regret : Je ne pourrai jamais lire tout les livres, Engranger toutes les connaissances de l’humanité. Je passe désespérément à côté d’êtres, de choses, de savoir par ignorance, incompétence, inattention ou paresse. Mais, hédoniste par conviction, j’apprécie à leur juste valeur tous les plaisirs que la vie a bien voulu mettre sur mon chemin. Savoir les reconnaître, les mettre en valeur, en profiter pleinement, c’est tout mon art de vivre. Cultiver son petit bonheur d’être là, d’être naît, de vivre. Même cruelle, injuste, absurde, la vie est une aventure exceptionnelle, « que je n’aurais voulu manquer pour rien au monde » Je n’ai pas d’années perdues, pas de regrets inutiles. J’accepte tout, je garde tout. Même cette extrême sensibilité qui fait souffrir mais qui fait s’enflammer, chanter et rire, je la revendique. J’apprécie cette différence, cette exception, cette originalité, cette inextricable singularité qui font un être. Le temps fait son chemin et comme on ne peut plus rien changer du passé et peu agir sur le futur, il faut savoir dans un ultime élan joyeux et salvateur tout accepter de ce maelström archaïque . Si un beau jour on ne se réveille pas est-ce si grave ? On ne sera plus là pour en souffrir. J’ai fait mon tour de piste, mon ultime pirouette, ma dernière révérence, c’était bien. Au revoir et merci.
Mireille MOUTTE
« Les premiers rayons du jour ne nous promettent pas que notre existence se prolongera au-delà du soir.” Kao-Tong-Kia
