Publié le 9 Décembre 2009
Au bout de la route, la colline me cache l’horizon. Une courte bande de terre peuplée de pylônes électriques me sépare de la voie de chemin de fer. Un simple écart et je déraille. La voie s’élève doucement dans un bruissement monotone et lancinant. Le soleil couché sur les vignes écarlates me dissimule le prochain virage. Aveuglée je fonce tête baissée, sûre de ma destination ultime. Désormais je suis seule juge de la suite à donner. Le temps s’assombrit. Après le feu évanescent du ciel les premières étoiles s’éclairent. La nuit s’installe, nous pouvons en disposer à notre guise. Après cette étape décisive, le temps soudain nous appartient. Tout est possible. J’ouvre les pages prometteuses d’un roman noir comme le ciel pour me fondre dans son intrigue et oublier qui je suis où je suis pour un instant. Laisser à d’autres le soin de conduire le destin.