Publié le 19 Décembre 2013

 

 

Espoir,08 sept. 2013 2586

 

Entre les faillites du droit d'asile des affaires « Léonarda » ou « Lampédousa, les délocalisations, fermetures et occupations d'entreprises, la dévastation de la planète, le désespoir du monde paysan, un Front National xénophobe et ségrégationniste en incontournable vedette des plateaux. Les dégâts divers et variés s'amoncellent et le monde politique, ses mœurs, ses us et coutumes, ses bricolages, ses compromis, perd toujours plus de crédibilité et nous désespère. Pourtant ce qui nous semble « nouveau » ne l'est pas vraiment, et l'espoir mis dans un changement durable pas d’avantage. Dans les années 70 les luttes étaient là aussi, dures et quelquefois sanglantes. Les renversements militaires aveugles et cruels au Cambodge, en Argentine, au Chili, les intégristes de l'islam en Iran, l'URSS en Afghanistan, le Liban en guerre civile, les Brigades rouges, l'IRA, les premières marées noires, le désespoir des sidérurgiste de Longwy, la faim au Biafra.. Mais aussi la fin de la guerre du Vietnam, la révolution des œillets au Portugal, la fin du régime des colonels en Grèce, le vote de la loi VEIL... A revoir aussi le doc « mort pour la cause du peuple » sur Pierre OVERNEY, ouvrier à l'usine Renault de Billancourt militant de la gauche prolétarienne. Cette actualité n'est finalement pas très éloigné de nos préoccupations actuelles. Les décors, les couleurs, les physionomies ont changés, les luttes, les difficultés, les résistances sont peu ou prou identiques. Les discriminations perdurent, les grands perdants restent toujours les mêmes, la masse populaire. En face de nous plus guère de grand patron pour répondre de ses méfaits, mais des multinationales, une multiplicité de sous-traitant, de donneur d'ordre, l’anonymat des consortiums, l'exigence des actionnaires, la complexité d'une finance mondialisée à outrance. Pourtant, les acquis sociaux conquis de haute lutte sont toujours et encore remis en cause, et c'est un combat de chaque jour, un rapport de force permanent contre un dumping social sans complexe, une rentabilité financière inexorable qui multiplie les plans sociaux en cascade.

 

Ce qui a changé c'est le manque de visibilité à long terme, nous n'avons plus de modèle à opposer au capitalisme triomphant. Nous savons ce que nous ne voulons plus, mais recherchons encore la manière de contourner l'obstacle. La main mise de l'argent roi, de la consommation à outrance, d'une croissance hégémonique et schizophrénique semble, pour beaucoup, un modèle mondialement incontournable. Et cette société là qui s'impose à nous comme un rouleau compresseur, nous fait mal. Car il est évident qu'elle laisse sur le bord de la route, de plus en plus de monde. Les confrontations inéluctables entre riches et pauvres à tous les niveaux s’accélèrent. Des ravages que nous ne pourrons jamais, dans les conditions actuelles, juguler. Puisque les riches sont de plus en plus riches par l'exploitation sans complexe de plus en plus de pauvres. Et les pauvres pour survivre de plus en plus attirés par les lumières de nos pays riches. « Il n'y a pas de frontière que l'espérance ne puisse franchir ». Ce système peut-il perduré en faisant fi des catastrophes humaines et écologiques qu'il génère inéluctablement? Peut-il hypocritement s'en accommoder, et nous transformer par le truchement des images en simples spectateurs-voyeurs veules, irresponsables, larmoyants et inconstants ? A l'aune des événements actuels, la réponse me semble très claire.

 

Notre modèle économique nous le savons parfaitement, pille allègrement les richesses de toute la planète et ne pourra jamais « bénéficier » aux plus pauvres, qui sont le terreau sur lequel il prospère. Empêcher les guerres, juguler la faim et la misère de part le monde n'a jamais été son but, n'a jamais fait partie de ses préoccupations, n'est pas gravé sur son disque dur. Ce nome slang est son marché aux esclaves. Au-delà même, la confrontation de ses fléaux avec notre bulle « aseptisée » lui est indispensable pour afficher chez nous son « rôle régulateur», comme catalyseur pour enrayer toutes velléités de révolte. C'est moi ou le néant « Choisi ton camp, camarade ! ». Et puis soyons « soulagés » : Il faut bien à quelque part une « terre promise » pour entretenir les illusions d'un monde meilleur et en même temps un « Eden » un « Eldorado » loin des aléas et des péripéties agressives pour protéger, jusqu'à la prochaine « crise », la croissance sereine du capital et le dépenser. La conjoncture est vieille comme le monde, rien de bien nouveau sous les étoiles. Pendant ce temps, l'espoir d'un monde plus juste, plus solidaire, porteur de signes d'avenir, d'évolution généreuse de notre humanité, s'épuise, pantelant, assommé et sans voix, laissant, encore une fois, passer son tour. Dis, Papa elle est encore loin la sobriété heureuse ?

 

Aix en Provence le 18 décembre 2013

Mireille MOUTTE

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Rédigé par ab irato

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