La pie
Publié le 17 Juin 2015
Une pie altière gardait à ses heures perdues des poussins,
Un gros chat tigré tapi dans l'herbe haute surveillait de loin l'équipage,
Une mouette s'installa impérieuse aux premières loges du spectacle,
De gros moineaux vaquaient de ci de là indifférents au drame,
Cela faisait maintenant beaucoup de monde sur le terre-plein central,
Le ciel pour marquer sa réprobation s' assombrit soudain de gros nuages gris,
D'énormes gouttes de pluie furieuses ont recouvert soudain l'algarade,
Fatiguée par l'angoissante attente du dénouement fatal,
Je lançais un dernier coup d’œil attendri aux poussins en sursis,
La lune levée, la nuit impérieuse s'est emparée tout de go de l'espace,
Le rideau étoilé tombé sur la « commedia dell'arte » a tout dissimulé.
Un sort funeste ou un miracle, ce qu'il advint nul ne le sut,
Je me couchais et m'endormis sitôt d'un profond sommeil, sans partage.
Moralité : Dormez, quand il est encore temps,
Demain et ses mystères arriveront bien assez tôt,
Le sommeil et la nuit apportent souvent l'oubli des pires avanies.
Mireille MOUTTE
