La complainte de l'homo ordinarius
Publié le 1 Décembre 2016
Quelles sont les nouvelles ? Rien de bien nouveau sous les étoiles : le jour succède à la nuit, le soleil se lève toujours à l'Est. Des changements imperceptibles et insidieux corrompent pourtant les esprits, et pervertisse la démocratie. Les hommes politiques sont plus que jamais désespérants, affligeants, démagogues et sans vergogne. Mais le monde n'a jamais été un havre de paix. Les difficultés sans nombre, avec quelques éclaircies parcimonieuses ont toujours été le lot commun de "l'homo erectus" à "l'homo numericus". "L'évolution" qui consiste à concentrer de plus en plus le pouvoir décisionnel a une élite restreinte d'oligarques, de grands chefs d'entreprises, d'acteurs financiers, de journalistes influent, crée une classe dominante de parvenus opulents, imbus de leurs privilèges, mélange d'auto-suffisance, d'ambition démesurée d'ego surdimentionné, de flagornerie et de mépris (larmes de crocodile et couteaux tirés) qui exacerbe les inégalités au profit des "très riches", Le portrait n'est pas flatteur, la faute à qui ? Aux principaux acteurs de la vie publique ? A homo popularis qui laissent faire ? Peut-être aux incuries des uns et des autres. À la différence essentielle que les premiers sont les protagonistes et les seconds les figurants. "On donne, "paraît-il" au peuple ce qu'il veut entendre" Comme c'est pratique ! C'est vrai on demande à l'homo ordinarius son avis, il peux voter. En fait on lui demande de passé d'un opposé à l'autre, de choisir entre Charybde et Scylla. Rien qui ne puissent enthousiasmer les nouvelles générations em’bourbés dans la satisfaction immédiate de leurs envies et/ou dévorés par le devoir de réussite à tout prix. La vie n'a plus de valeur, elle ne représente plus ce pourquoi on peut la perdre. ,
Société consumériste ou l'homme n'est plus qu'un instrument au service de l'argent roi. Un marché omniprésent qui considère l'augmentation de la consommation des biens comme un bénéfice économique. Dans cette hypothèse "le marché assurerait l'équilibre entre l'offre de biens des entreprises et la demande des ménages en fixant le niveau des prix". Cette doctrine, bien que mise à mal par la réalité économique a encore de nombreux disciples.
Dépassé par ce bulldozer qui se dit "économique" objet de toute les sollicitudes. Perdu dans un monde qu'il ne maîtrise pas l'homo ordinarius s'adonne alors à ses vieux démons : repli sur soi, égoïsme, déni, refoulement, régression, isolement..."des mécanismes de défense principalement inconscients pour éviter des émotions ou des pensées qui produiraient de l'anxiété s'ils arrivaient à la conscience".
Quelle solution ? La politique et l'homme étant ce qu'ils sont, Il faut nécessairement une prise de conscience collective pour dénoncer et renverser les dérives néfastes produites par ce système : la souffrance, le désespoir et le gâchis d'humanité qu'elles engendrent. Une volonté de changer ce qui est déclaré irréfutable par les experts et les bénéficiaires du système. Une reprise en main par la vox populi pour imposer la primauté de l'homme sur l'argent. La prépondérance de la spiritualité sur le matériel. Une éducation au service de l'épanouissement personnel, de l'émancipation, pour le bien-être de la collectivité. Cela bien sûr, ne se trouve pas "sous le sabot d'un cheval", il faut de la continuité, de la persévérance et du courage. Tout ce que les politiques à court terme et les politiciens obnubilés par leur seule élection, sont incapables de mettre en place.
Inutile alors de regretter le passé, de pleurer sur le présent et l'avenir qu'ils nous concoctent. Innocents ou coupables, acteurs ou spectateurs, responsables ou inconscients nous payerons tous les conséquences de l'abandon de nos valeurs humanistes aux seuls pouvoir de l'argent, du profit immédiat et de la performance à tout prix. Les hautes sphères gagneront toujours plus d'argent et tous les autres seront soumis à leurs intérêts financiers. Jusqu'à ce que cet Individualisme forcené, mâtiné d'indifférence, du chacun pour soi et du sauve-qui-peut généralisé fassent sortir du bois des bêtes sauvages, sans foi ni loi, sans conscience ni scrupule, que plus rien n'y personne arrêterons .
Mireille MOUTTE
Comme le dit si bien la chanson d'Alain SOUCHON "Foule sentimentale"
Oh la la la vie en rose
Le rose qu'on nous propose
D'avoir les quantités des choses
Qui donnent envie d'autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c'est d'avoir
De l'avoir plein nos armoires
Dérision de nos dérisoires
Car foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales....