Comment nourrir le monde un guide de Vaclav Smil, scientifique, naturaliste, économiste, chercheur
Publié le 2 Mars 2026
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Pour résumer en quelques mots cette analyse fouillée et complexe : Evaluation et évolution des besoins en nourriture des chasseurs-cueilleurs du paléolithique jusqu’à l’Homme actuel et ses besoins exponentiels en énergie. Comment nos besoins alimentaires façonnent nos sociétés. Le constat primordial que pour nourrir plus d’humains le développement de l’agriculture et de l’élevage était indispensable et comme difficultés contemporaines les dégâts inhérents à la culture intensive des monocultures et leurs entrants. Leur consommation en eau (80% au niveau mondial), en énergie (pétrole 20 % au niveau mondial), en dégradation des sols, en pollution des eaux et atmosphérique, en gaspillages*. L’agriculture et la terre qui la porte sont pourtant essentielles à l’homme et devraient être les premières ressources à protéger pour notre survie.
Selon Vaclav Smil, sauf « incertitude aléatoire » liée à l’Homme, les gains de performance continus et une évaluation réaliste dès améliorations futures, nous permettront de nourrir le monde au delà du milieu du XXI° siècle.
Je suis stupéfaite par la masse de donnée de ce livre que j’ai lu avec passion, intérêt et curiosité malgré où grâce à tous les chiffres donnés dont je ne retiendrai assurément qu’une minime partie. Mais je crois avoir essentiellement compris qu’il faut traiter toutes les théories sur l’évolution de l’agriculture et la nourriture du monde aussi complexes soit-elles avec circonspection. La décarbonation ou même la neutralité carbone ne sont pas pour demain. Aucune évolution positive ne pourra se faire à court ou moyen terme sans changer nos modes de production et notre consommation.
Un bémol toutefois le changement climatique, l’extension inévitable des terres cultivables (près de 10 milliards d’êtres humains en 2050), la spécialisation géographique à outrance des cultures, la spéculation, le vieillissement de la population sont peu traités et pris en compte. Selon l’auteur faire des prévisions en la matière reste très aléatoire. Ce qui nous laisse finalement sur notre « faim » pour envisager sereinement notre avenir alimentaire. Mais je suis beaucoup mieux renseignée sur l’évolution agricole en cours.
« Ni pessimiste ni optimiste mais scientifique » telle est la devise de Vaclav Smil.
Mireille MOUTTE
*Le coût des pertes et gaspillages alimentaires pour l'économie mondiale est estimé à environ 1 000 milliards de dollars.