Bon voila mai 2010
Publié le 3 Mai 2010
Bon voila, tout recommence, c’est parti pour un tour, je suis sur le chemin du retour, ou de l’aller je ne sais plus. Je vais, je viens, je va, peu importe, je suis là, je respire, je hume, j’exulte, je transpire. Je participe du mieux que je peux à l’ensemble. Un corps, de l’espace et j’avance. Je donne mon petit grain de sel à la terre qui n’en a cure,.. Je suis intégrée au grand ensemble. J’y suis, j’y étais. Il me faut prendre une décision à droite ou à gauche ? Va pour la gauche. C’est beau un chemin qui chemine, un petit sentier en calade qui escalade entre les pins, les chênes verts et les genêts. Là un champ de cerisiers abandonnés, là une ruine envahie de lierres, d’herbes folles, là une vigne « qui court dans la forêt », puis c’est la traversée du ruisseau par le petit pont en fer et la grimpette pour atteindre la roche percée « Les Druides ». Un vieux village troglodyte avec ses poules, ses cochons, son cheval, ses odeurs, ses bruits, la grand-mère sur le pas de porte autour du chaudron, le père sur son lopin de terre avec le cheval, les enfants accrochés à la mère, une vieille tante aveugle qui file la laine …toute une vie dure à la tâche, rêche avec la seule satisfaction des besoins basiques tout juste assurés. J’abandonne la rêverie, je continue la montée vers les crêtes, un mur de pierres sèches appareillé avec soin m’accompagne, mes ancêtres sont là tout proches. J’ halète, une bouffée d’air, un coup d’eau, un brin d’herbe, une pose pour admirer le panorama, les bleus, les verts, le blanc, le gris, le noir, le rouge des toits, l’odeur de la terre, des pierres moussues, le bruissement des aiguilles de pins, le chant du vent, des oiseaux, des furtifs. Le travail de l’homme, le travail de la nature, en compétition ou en harmonie ? Ici à coup sûr la nature l’emporte sur l’homme, la terre est dure, tout en restanques, tout en pierres, peu d’eau, peu propice à la culture intensive. L’abandon peu à peu de ces terres était inévitable. J’arrive sur le plateau par le pré des Masques, je traverse la route des Claparèdes et file en pente douce vers Buoux, sa fontaine, sa torpeur, son attente d’une vie qui ne reviendra pas. Un peu plus bas, direction la corniche ensoleillée qui domine le fort, les Seguins, les falaises brutes et lumineuses d’escalades, une vision sauvage, chaotique, préhistorique, où sont cachés les ptérodactyles ? Les diplodocus ? Un petit bout de terre lointaine, un pays perdu, oublié. Un espace temps en jachère. La tête au soleil, j’entame l’ultime tournée, toujours la même plénitude, toujours le même calme, toujours la même sérénité, toujours le même plaisir d’une découverte toujours recommencée.
ADESSIAS