Aujourd'hui

Publié le 3 Octobre 2016

Aujourd'hui

Aujourd'hui, je me lève légère comme un papillon. La vie est belle. Dehors, la nature immuable, permanente, m'attend. Tout est en place, à mon bon plaisir. A moi les chemins, les sentiers, les odeurs, le plaisir de la marche, de la contemplation, de l'extase. Mon jardin potager attendra. Je préfère à cette heure prendre la poudre d’escampette, m'évader des soucis quotidiens, des problèmes qui n'en sont pas, mais qui m'engoncent inutilement dans ma quête, déjà difficile, du mieux être. Eviter les malfaisants, tel sera mon chalenge aujourd'hui. Même dans un petit village et peut être surtout dans un petit village cela demande de la concentration, des efforts d'évitement constants. Mais qu'importe aujourd'hui j'ai plein d'idées, plein d'envies pour faire de ma journée un plaisir. Un seul bémol à cette envie, le constat évident : Inutile espérer égaler cette nature en plénitude, parfaite, magnifique : ses arbres, ses collines, ses pierres, ses falaises, ses ruisseaux ses traces.... sont inimitables. Cette atmosphère bruissante, légère, sereine, en perpétuelle attente, me comble de bonheur. Oui j'ai un rendez-vous, je suis attendue, je suis indispensable. Mes souliers doivent régulièrement parcourir cette terre, user les cailloux, mes mains caresser ses coteaux, mes yeux, mes oreilles, mon nez, entendre, voir et humer ses couleurs. Je ne me laisserai perturber par rien ni personne. j'irai mon petit bonhomme de chemin, imperturbable. "Merde à Vauban".

La solitude est ma compagne. Elle me permet d'être moi, sans artifice, sans difficulté, sans contrainte, sans perpétuel ré-ajustage/adaptation, en fonction de telles ou telles données ou obligations. Éviter de parler pour ne rien dire ou des sottises, des banalités, des lieux communs. Bien sûr, j'ai un exutoire, l'écriture où je peux me laisser aller à cœur joie. Mais après tout je n'oblige personne à les lire. Et puis il faut bien de temps en temps rencontrer ses semblables, se confronter à la société, à "la vraie vie". Je ne me vois pas vivre en ermite dans une grotte perdue à flan de falaise. Je n'en ai ni le caractère, ni la force physique et morale. Je suis un peu comme le petit Marcel dans le Château de ma Mère. je n'aime pas avoir besoin de l'autre, même et surtout, s'il m'est quasiment indispensable, comme révélateur, contre-jour, arrière-plan, contraste. N'allez pas croire pour autant que je préfère mes compatriotes en photos, ce serait vraiment exagéré !

Pas de souci, pourtant : Je n'ai aucune difficulté à nouer des liens sociaux, je ne suis pas timide, je suis en grande partie, maître de ma pensée. Je voudrais simplement éviter le plus possible, peut-être par simple paresse intellectuelle : Les malentendus, incompréhensions, méprises, confusions, tensions, conflits, blocages et autres broutilles qui font le sentier battu de toute relation humaine, qui polluent mon atmosphère, m'obligent à une gymnastique émotionnelle et affective épuisante, hors de mes simples capacités cognitives. Je préfère admirer le paysage, hurler si le besoin s'en fait ressentir, seule. Je ne serai jamais en difficulté morale avec la montagne. C'est reposant. Notre environnement est complexe, il faut faire avec et en plus, essayer avec maestria de sortir de ce cloaque, une perle rare qui n'a de valeur bien entendu que par sa rareté. Demain s'ouvre toujours à l'Est. Je vais me coucher et dormir comme une enclume.

« Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. » Marcel Pagnolu

Rédigé par ab irato

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