Publié le 26 Septembre 2026
Pénurie,
Mais que vont devenir nos superbes chars d’assaut, nos avions, nos missiles supersoniques, nos cuirassés, la grosse Bertha, toutes nos armes sophistiquées et autres moyens de guerroyer sans entrave si nous n’avons plus de gazoline pour les propulser ? Oubliez les drones, la bombe atomique, les kalachnikovs, l’IA et sa guerre hybride entièrement dépendants des énergies fossiles… Il nous restera toujours les javelots, les flèches et le retour bucolique à la cueillette.
Je fais confiance à l’Homme pour trouver avec son génie habituel, toujours vivace en temps de guerre, un moyen de destruction quelconque, contre un ennemi quelconque, par un moyen quelconque. Il nous restera ensuite à réécrire l’histoire, à célébrer les héros de la patrie et les mânes des morts aux champs d’honneur. La boucle sera bouclée et tout pourra enfin recommencer. Nos champs refleuriront, nos forêts et nos océans bruisseront de mille vies, nous respirerons un air pur et l’eau de nos montagnes nous désaltérera sans partage.
Malgré le rejet des affres de la guerre par tout être humain normalement constitué, elle prospère partout sur terre. Et enfin, pour bien pointer le désastre nous sommes sans cesse invités à imaginer la prochaine extermination globale à grand renfort d’infos, de reportages, de prévisions, de débats, de développement d’experts, de déclarations solennelles, une violence toujours plus cruelle, toujours plus intensive, toujours plus sophistiquée, soumise au diktat du désordre institutionnalisé. Que vive le manque de pétrole et que sa force destructive ne domine plus le vivant. Pour le reste, on improvisera. Forts d’une nouvelle expérience, nous ne permettrons plus à personne de détruire l’humanité. Alléluia !
Mireille MOUTTE
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