La magie de Noël
Publié le 26 Décembre 2016
Chez nous la magie de Noël débutait bien avant le 25 décembre. C'était tout d'abord la récolte des éléments indispensables à la décoration de la crèche de Noël. La cueillette du houx, du gui, des cailloux aux formes originales, du feuillage coloré, des branches dénudées, des baies multicolores, des pignes de pins et de la mousse, beaucoup de mousse qu'il fallait entretenir amoureusement pour qu'elle reste bien verte. Toute cette recherche rituelle prenait plusieurs week-end. J'avais la lourde tâche de peindre le ciel, la lune, les étoiles et les collines sur la toile de fond. Ne pas oublier de semer le jour de la Sainte Barbe du blé et des lentilles dans des soucoupes spéciales pour activer la germination. Enfin, enfin.. nous pouvions commencer dans la fébrilité l'installation proprement dite du décor fait de planches, de livres et de papier spécial crèche, pour imiter l'escarpement d'une montagne et la construction de la grotte de la nativité, objet de toutes les attentions ! Puis était sorti de derrière les fagots le grand carton des santons bien emballés dans du papier journal. Chaque fois une surprise géante et des discussions à n'en plus finir sur leur position précise dans le décor. Chacun avait son santon préféré et voulait la meilleure place pour son protégé. C'était un mois d'excitation, de félicité, de joies intenses à la moindre découverte de tel ou tel détail "exceptionnel" du décor. Fiers de notre travail, nous attendions avec impatience la levée du rideau sur cette scène préparée avec amour. Les félicitations de tout le voisinage, venaient clôturer notre œuvre et nous remplissaient de bonheur. Pendant ce temps, mon père s'agitait aux fourneaux pour faire son nougat noir, ses tuiles et ses mendiants, ma grand-mère triait la carde pour faire sa fameuse tarte aux clovisses, ma mère s'occupait de la décoration et du plan de table. Nous étions ma sœur et moi chargées de compter les treize desserts. Chacun avait son travail et conscient de sa responsabilité s'appliquait du mieux qu'il pouvait. Dans une ambiance festive de chants, de rires et d'excitation, les oncles, tantes, cousins, cousines, amis arrivaient enfin les bras chargés de cadeaux. La fête pouvait continuer à l'unisson. La mise en crèche du petit jésus était l'apothéose de cette nuit du 25 décembre.
Mireille MOUTTE
Saignon, Décembre 2016