I - Les vacances

Publié le 22 Août 2014

 

     P1000686 

C'est les vacances, enfin ! surtout pour Colette, ma compagne de voyage, qui travaille encore, moi je suis à la retraite. Des vacances éternelles, selon l'adage populaire !! et bien pas du tout, entre le jardin, les bricolages, l'artistique, la maison, la radio, la télé, la lecture, la méditation, internet, l'écriture, la musique, les papotages de bon voisinage, le temps précieux, passe trop vite. Donc c'est les vacances, départ ce matin d'Aix direction la  Bretagne. Destination sans surprise puisque effectuée chaque année à la même période depuis des décennies. Mais il ne faut surtout pas se fier aux apparences. Dès le réveil, après la douche et un copieux petit déjeuner, tout se passe sans anicroche. Moment important : Le  premier contact avec les éléments extérieurs qui vont nous accompagner pendant tout le voyage. Le ciel est bleu, La voiture semble bien tourner, les pneus sont gonflés à bloc, le réservoir est plein de gasoil, la radio chante, la route est de bonne qualité, tout présage d'un agréable périple sans grande complication. Les bagages rangés, les vélos installés, les sandwichs  et boissons fraîches emballés, la maison fermée à double tour,  nous voilà parties.  Nous sommes heureuses, le cœur léger rempli d'entrain et d'allégresse par la promesse d'un mois entier de flânerie, baignade, dégustation, randonnée sportive et culturelle et surtout, surtout retrouvailles familiales façon Bretons :  bons vins, bonnes tables, bonheur d'être ensemble, bonne humeur, euphorie et félicité..enfin  presque. Quelques instant de rêveries et le Rubicon est franchi, il y a pourtant loin de la coupe au lèvres. L'aventure ne fait que commencer. D'abord direction Arles, Montpellier, souvent début des premières difficultés. Après un petit détour de quelques kilomètres nous retrouvons l'autoroute de Millau et son pont, passerelle du Languedoc vers l'Aubrac. Météo détestable, pluies, pluies et encore pluies. Du pont nous ne verrons pas grand chose. Le paysage est pourtant magnifique, des forêts à perte de vue, quelques villages bucoliques sur les hauteurs entourés de verts pâturages, carte postale de siècle passé.  Quelques traces d'agriculture, d'élevage. Des irréductibles gaulois s'accrochent encore à leurs terres et font  vivre le paysage.  Mais il y a beaucoup de vert, trop de vert pour être honnête ! Les toits sont pentus, en ardoise, La preuve évidente qu'il ne s'agit pas d'un incident météorologique, il doit pleuvoir pas mal dans le coin, et souvent. Nous reviendrons un week-end prolongé en avril, mai pour explorer l'Aubrac. Clermont-Ferrand se profile, les bouchons aussi, 3 heures annoncées à la radio sur une trentaine de kilomètres d'autoroute. Nous décidons de prendre la tangente.  Nous quittons sans regret ces encombrements à péage pour une escapade vers Guéret via Aubusson. La Creuse, s'avère être un département assez escarpé. Il faut se rendre à l'évidence nous n'atteindrons pas notre point de chute ce soir. Trop de temps perdu. Le choix de l'itinéraire n'était peut-être pas le bon. Le Toulouse, Bordeaux, Poitiers qui a notre faveur la plupart du temps aurait été peut-être plus judicieux. Mais comme le dit la chanson : Tu voulais voir Millau et tu as vu Millau. Pas de regret stérile. Si l'habitude est une seconde nature, l'aventure et ses impondérables ont  un charme certain.  18 heures il faut, sans attendre la nuit, trouver vite fait où  la passer. Le pays grandiose mais sauvage ne doit pas regorger d'auberges, hôtels ou autres chambres d'hôtes. Quelques campings ça et là, mais peu adaptés à nos exigences de cinquantenaires bien tassés. On roule, on roule, on croise quelques panneaux  trop vite aperçus, sans indication très précise nous hésitons à prendre les chemins de traverse. L'aventure oui mais pas trop. Enfin, une ville ou plus exactement un gros village.  Il doit y avoir ici quelque chose. (j'adore la formule). Au ralenti, nous épions le moindre indice. Le centre : sa mairie, son église, sa pizzeria, son boulanger, son boucher, et son salon de coiffure. Pour l'instant c'est son hôtel, auberge, restaurant, bar qui nous intéresse. Il reste une seule chambre, aux dires de la réceptionniste, barman, femme de chambre, serveuse. C'est bon, ne réfléchissons pas trop longtemps. Les bouchons aidant les rares hôtels risquent d'être pris d'assaut. Les deux étoiles peintes en grand sur le pignon, sont effacées à l'entrée de l'hôtel. Il faut s'attendre à tout. Point positif : Le prix est correct. La chambre ordinaire mais il y a des toilettes et  l'eau chaude. Passable pour la fenêtre sur route . Le double-vitrage bricolé est inopérant, deux prises électriques en tout est pour tout, la lampe de chevet nase, mais réparer immédiatement par deux « ingénieurs électroniciens » qui nous ont fait le grand classique du : je te tiens, tu me tiens. Une demi-heure pour vaincre une douille. Ne faisons pas trop  nos difficiles, le lit est bon et il y a la TV et internet. Nous pourrons recharger nos téléphones, MP3 et autres portables. Colette dort déjà épuisée par la route sinueuse et l'attention constante qu'elle exige. Après un souper frugal de pain, fromage et fruits, je pianote en attendant le sommeil. Il est 3 heures 30,  je pianote toujours, C'est pas raisonnable, je sais. Demain matin je serais comme la douille : nase. Mais demain est un autre jour. 3 heures 52 exactement je vais essayer de fermer les yeux.  Le lendemain matin l'heureuse surprise d'un ciel dégagé et d'un petit-déjeuner digne d'un 2 étoiles, nous ragaillardit. Ces petites auberges familiales ont tout de même du bon.
 
Nous poursuivons notre route vers Aubusson,  les villages alentours ont des noms pittoresques :  Ceyroux, Crocq, Dontreix, Néoux, Croux, St Yrieux et le fameux plâteau des millevaches. De la forêt, encore de la forêt, toujours de la forêt. Nous avons hâte d'arriver sur des routes un peu plus accommodantes. La route de Guéret vers Poitiers répond à notre attente, si ce n'est un voyant qui  soudain clignote sur le tableau de bord : « Voilà autre chose ». Je consulte  fébrilement le  manuel de dépannage: les pneus manquent d'air ! La recherche d'une station service s'avère  une épreuve d’endurance. Enfin l'Eldorado est en vue. Diagnostic d'une charmante garagiste : le voyant  à perdu la boule, tout va bien, il nous faudrait un voyant pour nous avertir que le voyant est en panne. La technologie moderne à des circonvolutions illimitées.  Enfin, notre lutte effrénée contre les éléments va bientôt prendre fin nous sommes en vue de Poitiers. La suite nous semble un jeu d'enfant. Mais à Doué la Fontaine deux  possibilités s'ouvrent à nous : vers Chemillé ou vers Thouarcé. Nous nous perdons en conjoncture. Après avoir pesé le pour et le contre  nous nous décidons pour  la départementale 83 vers Chemillé, que nous ne trouvons pas.  L'énervement prend le dessus, bien compréhensible avec 8 heures de conduite non stop dans les pattes. S'ensuit un cafouillage de quelques kilomètres dont nous sortons sans égratignure  grâce à l'apparition quasi miraculeuse du panneau Valanjou. Là je connais, on va retrouver notre chemin facilement en passant par la forêt des brumes à quelques centaines de mètres du Plessis, notre deuxième étape.

Paul est au plus mal, toute la famille élargie est là pour un dernier adieu. Ce n'est ni triste ni dramatique, émouvant et chaleureux. On mange des merguez, on boit du rosé de Provence, Vincent nous a fait sa fameuse ratatouille, Sylvain et sa compagne nous chantent quelques balades, on reprend en cœur, Murielle a apporté de la Martinique un rhum du feu de dieu, on se réconforte, on se souvient du bon vieux temps, chacun à son tour murmure quelques mots à Paul, lui tient la main. Nous le laissons le lendemain, entouré d'affection, de sollicitude et d'amour. A SUIVRE Mireille MOUTTE - Bretagne Juillet 2014

Rédigé par ab irato

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article