Publié le 19 Janvier 2015

Allah est grand je suis charlie,

Dans ma folle jeunesse vers les années 60 /70. On s'époumonait pour Dany, pour Johnny, Elvis, Ferré. On était incompris, rebelles, insoumis, nous cassions quelques fauteuils, érigions des barricades, on courait du Plateau du Larzarc aux monts de l'Ardèche, de Woolstock à l'Olympia, de la maison bleue à la montagne, Suzanne nous emmenait dans un sou-marin jaune,. Nous allions réussir notre vie, être heureux, retrouver la nature, vivre ensemble en harmonie, plus de guerre, plus de massacre.... Aujourd'hui, ce sont les cris d' Allah akbar, qui nous assaillent. Nous les vieux de la vieille, nous ne comprenons pas pourquoi une certaine jeunesse, minoritaire mais agissante, pense qu'au nom « d’Allah est grand » il faut raccourcir tous les autres.

Remettre en cause l'ordre établi est le rôle, le devoir de la jeunesse. Faire évoluer une société n'est pas une sinécure, la solidarité, la justice, la tolérance, la générosité, la fraternité ne coulent pas de source. Nos parents s'étaient compromis, avaient abdiqués, nous serions plus forts, nous résisterions. Puis, nous avons vieillis. Cinquante ans après il y aurait beaucoup de choses à dire et certains ne s'en privent pas. Mais pour critiquer cette évolution, indispensable à mes yeux, il faut se souvenir les années précédentes, du poids des traditions, des convenances, des archaïsmes, de la bienséance, de la religion, de l'hypocrisie. Il fallait faire éclater cette gangue exiguë, étriquée ankylosée par des années de soumission « au sceptre, au sabre et au goupillon ». La guerre n'était pas loin, il fallait vivre et jouir de tout, mettre l'imagination au pouvoir. Mais là, aujourd'hui, au nom d'Allah, je ne comprends pas le but recherché, quelle vie nous proposent-ils ? Puisque pour imposer leur manière de voir, et de voir quoi ? Il leur faut mourir et entraîner quelques autres avec eux. Moi la mécréante je conteste l'octroi du terme terroriste ou djihadiste à ces égarés, ce sont des fascistes, des fous meurtriers, des délinquants, des imbéciles incultes, des handicapés du discernement, du jugement et de l’intelligence. Vingt personnes tuées, pour un quart d'heure de toute puissance, de droit de vie et de mort sur des crayons, des insignes, des kippas ! Ils ne me font pas peur, ils me fatiguent, m'accablent et me font désespérer du genre humain

Les controverses autour des caricatures de Mahomet sont pour moi incongrues. Certes des musulmans peuvent s'émouvoir de ces dessins, ne pas les comprendre, les critiquer et même les contester devant la Justice. Mais que sont quelques dessins face à la barbarie des assassinats, des meurtres, des lapidations, des égorgements, des décapitations faites au nom d'Allah. S'il existe un être supérieur, un Dieu tout puissant, pourquoi pensent-ils qu'il a besoin d'eux pour accomplir ses funèbres et supérieurs desseins ? Pauvres hommes, misérables vermisseaux, « échevelés, livides au milieu des tempêtes » Je suis athée mais si ma mémoire est bonne : Allah est aussi pardonneur et miséricordieux. Le djihad c'est faire un effort dans le chemin de Dieu et il existerait dans l'au delà un paradis et un enfer pour connaître nos valeurs ou punir nos pêchés. Alors quoi ? Ce n'est plus suffisant.

Mea-culpa, nous avons fait nous aussi nos guerres de religions, des guerres soit disant saintes, des massacres planifiés souvent même au nom d'un même Dieu avec "simplement" quelques polémiques sur ses exigences. Tout cela bien sûr, nous le savons aujourd'hui, aux ordres d'un pouvoir hégémonique, tyrannique et manipulateur pour l’intérêt de quelque uns. « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens » Mais inch'allah au vingt et unième siècle après moult errements, grâce à l'éducation, la démocratie, au renforcement du libre arbitre, au pluralisme de l'information, nous pensions avoir à peu près réussi à circonscrire cette peste noire, cette folie meurtrière, cette fanatique intolérance. Elle est pourtant toujours là insidieuse, sournoise, prête à surgir au moindre coup de crayon. Si l'on doit interdire quelque chose en urgence, c'est la bêtise et l'obscurantisme et il y a du taf. Un petit conseil aux politiques de tous poils : surtout, surtout ne nous parlez plus de vos ambitions personnelles au nom de la patrie en danger, de l'élection pestilentielle avant au minimum deux ans. Soyez discrets.

Le vivre ensemble, le respect de chacun dans ses différences, la diversité politique, culturelle, ethnique, les droits et les devoirs de l'homme et du citoyen, la liberté, la fraternité se heurtent aux difficultés et défaillances sans nombre de nos sociétés en déliquescence : économie, éducation, culture, éthique. L'abandon d'une population, discriminée, reléguée, désespérée. Boucs émissaires désignés de notre impuissance, conduits au repli sur soi, au ressentiment, de la colère à la haine. Nos principes humanistes indéfectibles mis en brèche, contestés, bafoués. Comment envisager sereinement son avenir ? Comment s'investir dans un monde que vous ne comprenez plus, dont vous vous sentez exclus, rejetés ?

Combien d'ouvriers, d'employés, de manœuvres, de chômeurs, de précaires, de paysans, de pêcheurs dans les différentes représentations nationales ? Combien d’héritiers cossus, de dynastie du maroquin, d'intellectuels mondains, de courtisans professionnels, d'ambitieux méprisants, d'impudents sans scrupule... ? Il y a toujours un prix à payer aux cynisme, à l'indécence, à la flagornerie et à l'hypocrisie, et il paraît soudain exorbitant.

Le 19 janvier 2015 Mireille MOUTTE

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0

Publié le 10 Janvier 2015

JE SUIS CHARLIE

Sous le choc des événements de ces derniers jours : L'attaque de Charlie hebdo, la prise d'otages, les assassinats planifiés, j'étais dans un premier temps saisie de stupeur. Certes nous savons ces exactions quotidiennes, mais ailleurs, loin de chez nous. Nous compatissons, puis nous passons à autre chose. Mais là, il s'agit de Charlie Hebdo, un journal pas tout à fait comme les autres. Un survivant de l'esprit soixante-huitard. Une anthologie de l’irrévérence, de l'impertinence, de l'insolence, du coup de gueule paillard. Un parti pris courageux de l'humour sacrilège et blasphématoire. Indispensable et irremplaçable. Même et surtout si certains dessins pouvaient choquer, être incompris. C'était le but. Rien ne semblait pouvoir arrêter ce rempart contre la bêtise, l'ignorance et l'obscurantisme.

La suite des événements me fait vraiment peur. Une peur raisonnée, maîtrisée : Que va-t'on faire de ces événements ? Après le choc émotionnel bien compréhensible, il faut bien vite retrouver notre raison, notre discernement, notre clairvoyance, notre lucidité et ne pas se laisser emporter par cette émotion larmoyante et stérile, dangereuse pour la liberté. Car c'est elle qui est maintenant en première ligne. Quelles mesures de sécurité sommes nous prêts à accepter pour nous protéger ? La vie est une aventure dangereuse. Nous ne pourrons jamais supprimer tous les risques inhérents à notre condition humaine. Mobilisons-nous pour défendre notre imaginaire, nos utopies, nos espoirs, nos libertés, nos valeurs et réfléchissons avant tout à leur pérennité et à leur transmission.

Là où il y a servitude il ne peut y avoir de liberté. La servitude est multiple, protéiforme, insidieuse. L'éducation, est assurément sont premier remède.

Aix le 10 janvier 2015

Mireille MOUTTE

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0

Publié le 7 Janvier 2015

JE SUIS CHARLIE

 

Le terrorisme, la barbarie ne nous arrêteront pas,

Le terrorisme, la barbarie ne nous feront pas taire,

Le terrorisme, la barbarie ne nous transformeront pas,

Le terrorisme, la barbarie n'altéreront pas nos consciences,

Le terrorisme, la barbarie ne nous priveront pas de la liberté,

Le terrorisme, la barbarie ne nous empêcheront pas de rire, chanter, rêver,

Le terrorisme, la barbarie ne détruiront pas nos valeurs.

                                  

                              Mireille MOUTTE

                              Aix le 7 janvier 2015

JE SUIS CHARLIE

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0

Publié le 9 Octobre 2014

Toutes les routes mènent à Rome, pour nous ce sera Angers, Nantes, Lorient, Quimper, Pont-Croix. La température comme le ciel est basse. Enfin, but ultime : La maison est toujours là, le décor n'a pas changé,  peu importe la météo nous voulons un lit chaud. Le lendemain le Parisien arrive, le trio est au complet. S'ensuit une semaine de baignade, tennis, invitation et « touti quinti ».Malheureusement les retrouvailles tournent court. Pour des raisons encore non élucidées : Un énervement soudain, une incompatibilité d'humeur, des habitudes dérangées, les vacances tournent en eau de boudin. Départ précipité également par le décès de Paul, qui va être incinéré le surlendemain. Il y a des événements dont on se passerait volontiers, mais qui arrivent à point nommé pour éviter des psychodrames. Retour donc au Plessis. Tous sont encore là pour accompagner Paul, L'émotion est palpable. Quelques mots, une dernière chaîne de l'amitié, le recueillement, les embrassades et nous nous retrouvons au Plessis sous un ciel étoilé pour, comme le voulait Paul,  célébrer son départ en fanfare. Le lendemain c' est les premiers départs, des vacances pour les plus chanceux,  vers le dur labeur pour les autres.    La maison se vide peu à peu, et retrouve son calme. Françoise va tôt ou tard être confrontée à l'absence. Mais pour l'instant nous sommes encore là pour l'aider à passer ce cap difficile. Il y a plein de décisions à prendre, de papiers à faire, de rendez-vous programmés. La vie quotidienne va bien vite reprendre ses droits. Après quelques temps de doute et de chagrin bien compréhensibles, en fille pragmatique, elle va prendre sa nouvelle vie en main. Je ne me fais pas trop de soucis, mais un peu tout de même. Face aux épreuves, les réactions humaines sont parfois surprenantes.

Nous reprenons le chemin de la Bretagne avec nostalgie, chacune dans nos pensées.  Michel et Martine  nous accueillent à Plouhinec dans leur maison de vacances avec gentillesse et simplicité. Le Parisien est apparemment toujours très remonté contre moi, c'est la grosse fâcherie définitive. Colette est malheureuse, c'est son frère. Cela s'arrangera sans doute pour elle, c'est sa sœur, et vice versa. A cette occasion, je commence à appliquer la philosophie du  détachement et du lâcher prise. Ce  n'est  ni  de  l'indifférence, ni  du  je  m'en  foutisme. Mais  éviter  la  colère  stérile, l' empêcher  de tout  submerger, essayer de rejeter toute pensée, néfaste et inutile, éviter l'irrémédiable, ne pas s’encombrer la tête de problématiques alambiquées et inéluctables. Ne pas essayer de sonder la profondeur incommensurable de l'âme humaine, on risque de s'y noyer. On ne connaît véritablement personne. L'autre restera toujours un autre. Basta !

Côté confort nous avons gagné au change, une maison en bois, dans les bois, une chambre chacune, à quinze minutes à pied de la mer. Nous connaissons nos hôtes de longue date, nous avons passé de nombreuses vacances ensembles. Si chacun y met un peu du sien tout devrait aller dans le meilleur des mondes possibles. La semaine prochaine devrait être sereine, calme et tranquille dans l'harmonie qui sied à nos teints et aux vacances. Que les astres nous soient pour une fois, favorables.   Petit bémol, j'ai attrapé froid au funérarium, bilan : bronchite, antibiotique et tout le tintouin..Le temps n'est pas folichon non plus. Comme à mon habitude je bricole et je pianote en attendant le soleil et le sommeil.

Les familles réciproques et recomposées de Martine et Michel sont chaleureuses et sympathiques. Nous les avons connus, pour certains, tous petits.  Les petits-enfants tout jeunes : 15 mois, 2 ans ½ et 6 ans sont adorables. C'est encore l'âge facile, on les amuse d'un rien, pour peu qu'ils se sentent en confiance. Les repas sont conviviaux et agréables. Colette, comme à son habitude est aux fourneaux avec Martine. Seul le ciel nous fait défaut. J'ai repéré le camping de la corniche à Plouzevette qui loue des mobilhomes à voir pour l'année prochaine, puisque nous faisons désormais partie des  S.D.F. dans le Finistère. Nous avons pu aller promener à la petite chapelle de St They où « l'art à la pointe » expose une installation d'un jeune créateur surprenante : un squelette fait de différents bouts de bois tels quels et maintenu à un mètre du sol part un système de fils. Les éléments du squelette n'étant pas reliés entre eux, le montage bouge au moindre courant d'air.  Très intéressant, très curieux. L'imagination est sans limite. J'aurais aimé savoir quel élément a été le déclencheur d'une telle création. Peut-être le hasard d'une rencontre avec un bout de bois qui projette dans l'imaginaire la révélation de son utilisation.

Cela se confirme, semaine très agréable chez Michel et Martine, balade en vélo, plage, promenade sur la Côte, crêpes, moules, générosité, bienveillance, décontraction, détente, simplicité. Une amitié sincère, tissée au fil du temps,  reposante. Colette est malgré tout fatiguée. Ces vacances sont riches en émotions de toutes sortes,  trop  de sentiments à gérer, trop de bouleversements, trop de perturbations, pas assez de pose. Être chez les autres demande tout de même un minimum d'attention et d'effort. Malgré la bonne volonté de nos hôtes, Colette est perturbée, elle veut toujours bien faire, faire plaisir, elle en fait trop et donc ne se repose pas assez. La peur peut être qu ' ici aussi, le séjour trop long, ne finisse par  se gâter ? Et moi qui, pour ne rien arranger, tombe malade. Martine, reprend le travail demain à Quimper. Nous partirons  après-demain jeudi 14 août.  Dernière soirée festive avant le départ. Moules-frites sur le port de pêche d'Audierne, où, nous avons retrouvé les deux fameux cousins, leurs compagnes et plus si affinité. Affinité il y avait, un Philippe encore,  mes hormones ont frémi, un très léger frémissement, certes, mais un frémissement tout de même.   Cela fait du bien de ressentir encore ce petit pincement, cet émoi. Je suis encore vivante. C'est une bonne nouvelle.


Les vacances Bretonnes se terminent demain. Elles ont beaucoup mieux fini que commencé.  Tout à une fin, si ce n'est la bêtise, l'absurdité et la folie. En effet, comment oublier, pendant ce temps qu'à quelques 300 kilomètres de là des fous se déchirent au nom d'Allah, au nom de Yahvé, au nom de Dieu, au nom de l'absolutisme, de l'hégémonie, au nom de la loi du plus fort et mettent le monde à feu et à sang, massacrent détruisent, pillent, anéantissent des populations entières. Partout la haine, partout la violence, partout la peur règnent sans partage. Nous notre gros problème, entre autres, c'est d'éviter les bouchons du 15 août, de choisir la bonne file au péage, de trouver l’entame du papier cul dans les distributeurs publics, et de se passionner pour les quelques  centimètres supplémentaires  qu'un  quelconque sauteur-coureur-nageur va faire de plus que son voisin.

Retour silencieux. Les vacances furent éprouvantes, beaucoup de stress, de tristesse, de chagrin, peu de repos.  Deux brèves étapes. Une nuit chez ma sœur, une nuit chez les petits. Tout va bien chez les uns comme chez les autres. Fan plante des épinards d’hivers. Les petits nagent dans le bonheur de leurs multiples projets. Ils ont, je crois, enfin trouver  le lieu idéal où se poser pour quelques temps. Nous retrouvons Aix, enfin je retrouve Aix.  Colette trop fatiguée par le voyage ne veux pas sortir. La chaleur est là, j'apprécie. Piscine, café, ciné, la totale. J'ai décidé de prendre la vie par le bon bout et de laisser l'autre filer. Jimmy's hall de Ken Loach, superbe. J'adore ce cinéma qui éclaire aujourd'hui avec la lumière d'hier. Des luttes simplement pour  survivre, toujours d'actualité.  Des paysans irlandais qui se battent pour récupérer leurs terres, pour se libérer du joug de l'envahisseur, de l'emprise de l'église, des traditions archaïques, de la cupidité des propriétaires terriens. Pour que  la graine semée de l'éducation, de la solidarité, de la justice, prospère encore et encore. Je suis bien sûr une incorrigible idéaliste, une romantique forcenée. Les mots : partage, lutte, union, ouvriers, paysans, peuples,  et n'ayons pas peur : liberté, égalité, fraternité, font toujours vibrer en moi une corde sensible. Je n'arrive pas à vibrer à l'unisson  avec ce qui se passe à Gaza, par exemple. Pourquoi ? Les palestiniens luttent aussi pour reconquérir leurs terres, contre le joug de l'envahisseur. Mais leurs armes et leur idées sont différentes. Il ne s'agit plus  seulement d'idées mais de missiles. D'après les comptes rendus des journaux il n'y a pas,  là bas, de preux chevaliers qui défendent la veuve et l'orphelin à la seule force de leurs biceps. Mais des islamistes purs et durs qui endoctrinent méchamment des foules ignorantes et s'en servent sans vergogne de bouclier vivant. C'est du moins ce que l'on peut lire et entendre ici ou là. Mais peut-on encore leur faire crédit.  Entre nos idéaux et les missiles, le choix, chez nous, est facile. Ce qui est sûr c'est qu'aucun ne gagne définitivement. C'est la lutte éternelle du bien contre le mal, du qui perd gagne, de la vie contre la mort.  L'envahisseur a plus d'un tour dans son sac. Il sait s'adapter, changer de forme, se fondre dans la masse, annihiler les résistances, pervertir en douceur. Il a le temps avec lui.  Nous, nous n'avons qu'une pauvre petite graine, fragile, délicate soumise aux intempéries. Toute la différence  est là. Mais vers qui  va notre enthousiasme ? Qui porte notre espoir ? Mireille MOUTTE octobre 2014
             « Toutes idées a besoin pour moi d'un contre-pied
               Je ne puis supporter les vérités admises,
               Je remets l'évidence elle même en chantier,
               Je refuse midi quand il sonne à l'église,
               Et si j'entends en lui des paroles apprises,
               Je déchire mon cœur de mes mains sans pitié »
                                          Aragon (Je traîne après moi)

                            

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0

Publié le 22 Août 2014

 

     P1000686 

C'est les vacances, enfin ! surtout pour Colette, ma compagne de voyage, qui travaille encore, moi je suis à la retraite. Des vacances éternelles, selon l'adage populaire !! et bien pas du tout, entre le jardin, les bricolages, l'artistique, la maison, la radio, la télé, la lecture, la méditation, internet, l'écriture, la musique, les papotages de bon voisinage, le temps précieux, passe trop vite. Donc c'est les vacances, départ ce matin d'Aix direction la  Bretagne. Destination sans surprise puisque effectuée chaque année à la même période depuis des décennies. Mais il ne faut surtout pas se fier aux apparences. Dès le réveil, après la douche et un copieux petit déjeuner, tout se passe sans anicroche. Moment important : Le  premier contact avec les éléments extérieurs qui vont nous accompagner pendant tout le voyage. Le ciel est bleu, La voiture semble bien tourner, les pneus sont gonflés à bloc, le réservoir est plein de gasoil, la radio chante, la route est de bonne qualité, tout présage d'un agréable périple sans grande complication. Les bagages rangés, les vélos installés, les sandwichs  et boissons fraîches emballés, la maison fermée à double tour,  nous voilà parties.  Nous sommes heureuses, le cœur léger rempli d'entrain et d'allégresse par la promesse d'un mois entier de flânerie, baignade, dégustation, randonnée sportive et culturelle et surtout, surtout retrouvailles familiales façon Bretons :  bons vins, bonnes tables, bonheur d'être ensemble, bonne humeur, euphorie et félicité..enfin  presque. Quelques instant de rêveries et le Rubicon est franchi, il y a pourtant loin de la coupe au lèvres. L'aventure ne fait que commencer. D'abord direction Arles, Montpellier, souvent début des premières difficultés. Après un petit détour de quelques kilomètres nous retrouvons l'autoroute de Millau et son pont, passerelle du Languedoc vers l'Aubrac. Météo détestable, pluies, pluies et encore pluies. Du pont nous ne verrons pas grand chose. Le paysage est pourtant magnifique, des forêts à perte de vue, quelques villages bucoliques sur les hauteurs entourés de verts pâturages, carte postale de siècle passé.  Quelques traces d'agriculture, d'élevage. Des irréductibles gaulois s'accrochent encore à leurs terres et font  vivre le paysage.  Mais il y a beaucoup de vert, trop de vert pour être honnête ! Les toits sont pentus, en ardoise, La preuve évidente qu'il ne s'agit pas d'un incident météorologique, il doit pleuvoir pas mal dans le coin, et souvent. Nous reviendrons un week-end prolongé en avril, mai pour explorer l'Aubrac. Clermont-Ferrand se profile, les bouchons aussi, 3 heures annoncées à la radio sur une trentaine de kilomètres d'autoroute. Nous décidons de prendre la tangente.  Nous quittons sans regret ces encombrements à péage pour une escapade vers Guéret via Aubusson. La Creuse, s'avère être un département assez escarpé. Il faut se rendre à l'évidence nous n'atteindrons pas notre point de chute ce soir. Trop de temps perdu. Le choix de l'itinéraire n'était peut-être pas le bon. Le Toulouse, Bordeaux, Poitiers qui a notre faveur la plupart du temps aurait été peut-être plus judicieux. Mais comme le dit la chanson : Tu voulais voir Millau et tu as vu Millau. Pas de regret stérile. Si l'habitude est une seconde nature, l'aventure et ses impondérables ont  un charme certain.  18 heures il faut, sans attendre la nuit, trouver vite fait où  la passer. Le pays grandiose mais sauvage ne doit pas regorger d'auberges, hôtels ou autres chambres d'hôtes. Quelques campings ça et là, mais peu adaptés à nos exigences de cinquantenaires bien tassés. On roule, on roule, on croise quelques panneaux  trop vite aperçus, sans indication très précise nous hésitons à prendre les chemins de traverse. L'aventure oui mais pas trop. Enfin, une ville ou plus exactement un gros village.  Il doit y avoir ici quelque chose. (j'adore la formule). Au ralenti, nous épions le moindre indice. Le centre : sa mairie, son église, sa pizzeria, son boulanger, son boucher, et son salon de coiffure. Pour l'instant c'est son hôtel, auberge, restaurant, bar qui nous intéresse. Il reste une seule chambre, aux dires de la réceptionniste, barman, femme de chambre, serveuse. C'est bon, ne réfléchissons pas trop longtemps. Les bouchons aidant les rares hôtels risquent d'être pris d'assaut. Les deux étoiles peintes en grand sur le pignon, sont effacées à l'entrée de l'hôtel. Il faut s'attendre à tout. Point positif : Le prix est correct. La chambre ordinaire mais il y a des toilettes et  l'eau chaude. Passable pour la fenêtre sur route . Le double-vitrage bricolé est inopérant, deux prises électriques en tout est pour tout, la lampe de chevet nase, mais réparer immédiatement par deux « ingénieurs électroniciens » qui nous ont fait le grand classique du : je te tiens, tu me tiens. Une demi-heure pour vaincre une douille. Ne faisons pas trop  nos difficiles, le lit est bon et il y a la TV et internet. Nous pourrons recharger nos téléphones, MP3 et autres portables. Colette dort déjà épuisée par la route sinueuse et l'attention constante qu'elle exige. Après un souper frugal de pain, fromage et fruits, je pianote en attendant le sommeil. Il est 3 heures 30,  je pianote toujours, C'est pas raisonnable, je sais. Demain matin je serais comme la douille : nase. Mais demain est un autre jour. 3 heures 52 exactement je vais essayer de fermer les yeux.  Le lendemain matin l'heureuse surprise d'un ciel dégagé et d'un petit-déjeuner digne d'un 2 étoiles, nous ragaillardit. Ces petites auberges familiales ont tout de même du bon.
 
Nous poursuivons notre route vers Aubusson,  les villages alentours ont des noms pittoresques :  Ceyroux, Crocq, Dontreix, Néoux, Croux, St Yrieux et le fameux plâteau des millevaches. De la forêt, encore de la forêt, toujours de la forêt. Nous avons hâte d'arriver sur des routes un peu plus accommodantes. La route de Guéret vers Poitiers répond à notre attente, si ce n'est un voyant qui  soudain clignote sur le tableau de bord : « Voilà autre chose ». Je consulte  fébrilement le  manuel de dépannage: les pneus manquent d'air ! La recherche d'une station service s'avère  une épreuve d’endurance. Enfin l'Eldorado est en vue. Diagnostic d'une charmante garagiste : le voyant  à perdu la boule, tout va bien, il nous faudrait un voyant pour nous avertir que le voyant est en panne. La technologie moderne à des circonvolutions illimitées.  Enfin, notre lutte effrénée contre les éléments va bientôt prendre fin nous sommes en vue de Poitiers. La suite nous semble un jeu d'enfant. Mais à Doué la Fontaine deux  possibilités s'ouvrent à nous : vers Chemillé ou vers Thouarcé. Nous nous perdons en conjoncture. Après avoir pesé le pour et le contre  nous nous décidons pour  la départementale 83 vers Chemillé, que nous ne trouvons pas.  L'énervement prend le dessus, bien compréhensible avec 8 heures de conduite non stop dans les pattes. S'ensuit un cafouillage de quelques kilomètres dont nous sortons sans égratignure  grâce à l'apparition quasi miraculeuse du panneau Valanjou. Là je connais, on va retrouver notre chemin facilement en passant par la forêt des brumes à quelques centaines de mètres du Plessis, notre deuxième étape.

Paul est au plus mal, toute la famille élargie est là pour un dernier adieu. Ce n'est ni triste ni dramatique, émouvant et chaleureux. On mange des merguez, on boit du rosé de Provence, Vincent nous a fait sa fameuse ratatouille, Sylvain et sa compagne nous chantent quelques balades, on reprend en cœur, Murielle a apporté de la Martinique un rhum du feu de dieu, on se réconforte, on se souvient du bon vieux temps, chacun à son tour murmure quelques mots à Paul, lui tient la main. Nous le laissons le lendemain, entouré d'affection, de sollicitude et d'amour. A SUIVRE Mireille MOUTTE - Bretagne Juillet 2014

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0

Publié le 24 Juillet 2014

 

 

lev-e.jpg


C'est formidable les conventions internationales, elles permettent d'évacuer les blessés et les morts des populations martyres après leur massacre planifié par des belligérants sans scrupule.

 

C'est formidable la lutte contre le terrorisme. Les candidats à l'immigration et affiliés principalement pauvres, de confession musulmane et amateurs de djihad : S'ils sont virtuellement interdits de rentrer en France, sont dorénavant, s'ils y parviennent, malgré les dangers, interdits de voyager vers des pays néfastes, genre Syrie, Irak, Afghanistan, la liste n'est pas close. La liberté a ses limites.

 

C'est formidable la démocratie, tous ces compromis qui permettent « le vivre ensemble ». Il faut être juste. On ne peut à la fois : vanter et vendre nos chars d'assauts, nos missiles sol-air, nos avions supersoniques, nos munitions de haute technologie, bref notre magnifique armement militaire et, d'autre part, (à moins d'être un fieffe hypocrite) autoriser manifestations pour la paix dans le monde, protestations contre les massacres et autres tueries organisées grâce à leurs exportations. Commerce créateur, ce qui n'est pas négligeable par temps de crise, de travail et "d'équilibre" de la balance commerciale.

 

C'est formidable, le bel canto, les vacances à la mer, la météo, la fraîcheur des grandes surfaces, le Monde au petit déjeuner, les grenouilles qui chantent à la tombée de la nuit, les vélos électriques, une voix sur inter, les pâtes alphabet, la prévention routière, le soleil couchant, les infos régionales, les poussettes à trois roues motrices, des coussins moelleux, les épaules de Dominique Sanda dans 1900, une montgolfière sur les nuages, les marchés de Provence, un livre de poche, google, une chanson qu'on fredonne, le gazouillis des fontaines, l'écran plat 23 pouces, le bailler aux corneilles, le clavier azerty, les valseuses, les vis cruciformes, le tournevis adéquat, le petit Larousse illustré, les moustiquaires, le dernier houellebecq, les lampes à économie d'énergie, la croissance d'un haricot, une mémoire à clé USB, l'eau courante, la voiture à pédale... la légèreté, l'insouciance, l'innocence, la nostalgie, ça ne peut pas faire de mal. Alors pourquoi ?

                       Saignon le 23 juillet 2014

                       Mireille MOUTTE

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0

Publié le 22 Juin 2014

 


 ETANG DE PREVOSTIl fait chaud, le ciel est bleu. Sur la pelouse un tapis de pâquerettes. Dans l'ombre des grands arbres une petite brise légère rafraîchit. Le silence, la quiétude et pourtant Paul va partir,

 

Les insectes sont au travail, butinent, transportent, amassent. Les oiseaux chantent. Les légumes au jardin prospèrent. Tout demeure, tout continue et pourtant Paul va partir.

 

Le téléphone sonne, la radio chante. On trie les légumes, on nettoie le parterre, on fait la vaisselle, on bricole, on s'active. Un flot vital qui emporte et pourtant Paul va partir.

 

Sur les coteaux les vignes se gorgent de soleil. Dans les champs les foins sont coupés. La Loire, impassible, sans fin écoule son temps.Tout est là, tout respire et pourtant Paul va partir.

 

Nos bonheurs, nos joies, nos peines, aventures éphémères, empreintes fugaces sur le sable. Oubliées, écartées, refoulées la sentence ultime, l'échéance funeste et pourtant Paul va partir.

 

Nos espoirs, nos désirs, nos envies, nos promesses, nos emballements, nos ego, simples impératifs d'une impérieuse existence. Dérisoires traversées humaines et pourtant Paul va partir.

 

Nous faisons partie du grand tout. Gouvernés selon les mêmes cycles: On naît, on grandit, on meurt. Mais malgré ses exigences, comme cette vie est jolie, et pourtant Paul va partir.

 

Comment dire, comment faire. La raison essaye désespérément de nier la réalité. De ne pas voir, de ne pas reconnaître, de refuser l'évidence, de repousser l'impuissance et pourtant Paul va partir.

 

Mais ce n'est pas lui qui est là, sur ce lit, amaigri. Il est ailleurs, Il va revenir auprès de sa Dulcinée, harassé et fier sur sa Rossinante après avoir terrassé le dragon,. Il ne peut en être autrement. Il y a tant de belles et bonnes choses à vivre, à partager. Reste avec nous.

                                                                                                                                                                                                                        Chanzeaux le 14 juin 2014,

 

"Vos pas ont-ils un but ? Vous courez mais vers quoi ? Allez-vous quelque part ? Où s'adresse la quête, si d'un courant vainqueur entraînant hommes et bêtes, le flux se précipite, où mène le combat ? Silence en bas du monde où l'insecte éphémère sans rire se pavane en son futile orgueil. Silence aux cieux éteints où s'est refermé l’œil du Dieu, sur les vains bruits, le vide et la chimère."  Théodore MONOD

 

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0

Publié le 19 Décembre 2013

 

 

Espoir,08 sept. 2013 2586

 

Entre les faillites du droit d'asile des affaires « Léonarda » ou « Lampédousa, les délocalisations, fermetures et occupations d'entreprises, la dévastation de la planète, le désespoir du monde paysan, un Front National xénophobe et ségrégationniste en incontournable vedette des plateaux. Les dégâts divers et variés s'amoncellent et le monde politique, ses mœurs, ses us et coutumes, ses bricolages, ses compromis, perd toujours plus de crédibilité et nous désespère. Pourtant ce qui nous semble « nouveau » ne l'est pas vraiment, et l'espoir mis dans un changement durable pas d’avantage. Dans les années 70 les luttes étaient là aussi, dures et quelquefois sanglantes. Les renversements militaires aveugles et cruels au Cambodge, en Argentine, au Chili, les intégristes de l'islam en Iran, l'URSS en Afghanistan, le Liban en guerre civile, les Brigades rouges, l'IRA, les premières marées noires, le désespoir des sidérurgiste de Longwy, la faim au Biafra.. Mais aussi la fin de la guerre du Vietnam, la révolution des œillets au Portugal, la fin du régime des colonels en Grèce, le vote de la loi VEIL... A revoir aussi le doc « mort pour la cause du peuple » sur Pierre OVERNEY, ouvrier à l'usine Renault de Billancourt militant de la gauche prolétarienne. Cette actualité n'est finalement pas très éloigné de nos préoccupations actuelles. Les décors, les couleurs, les physionomies ont changés, les luttes, les difficultés, les résistances sont peu ou prou identiques. Les discriminations perdurent, les grands perdants restent toujours les mêmes, la masse populaire. En face de nous plus guère de grand patron pour répondre de ses méfaits, mais des multinationales, une multiplicité de sous-traitant, de donneur d'ordre, l’anonymat des consortiums, l'exigence des actionnaires, la complexité d'une finance mondialisée à outrance. Pourtant, les acquis sociaux conquis de haute lutte sont toujours et encore remis en cause, et c'est un combat de chaque jour, un rapport de force permanent contre un dumping social sans complexe, une rentabilité financière inexorable qui multiplie les plans sociaux en cascade.

 

Ce qui a changé c'est le manque de visibilité à long terme, nous n'avons plus de modèle à opposer au capitalisme triomphant. Nous savons ce que nous ne voulons plus, mais recherchons encore la manière de contourner l'obstacle. La main mise de l'argent roi, de la consommation à outrance, d'une croissance hégémonique et schizophrénique semble, pour beaucoup, un modèle mondialement incontournable. Et cette société là qui s'impose à nous comme un rouleau compresseur, nous fait mal. Car il est évident qu'elle laisse sur le bord de la route, de plus en plus de monde. Les confrontations inéluctables entre riches et pauvres à tous les niveaux s’accélèrent. Des ravages que nous ne pourrons jamais, dans les conditions actuelles, juguler. Puisque les riches sont de plus en plus riches par l'exploitation sans complexe de plus en plus de pauvres. Et les pauvres pour survivre de plus en plus attirés par les lumières de nos pays riches. « Il n'y a pas de frontière que l'espérance ne puisse franchir ». Ce système peut-il perduré en faisant fi des catastrophes humaines et écologiques qu'il génère inéluctablement? Peut-il hypocritement s'en accommoder, et nous transformer par le truchement des images en simples spectateurs-voyeurs veules, irresponsables, larmoyants et inconstants ? A l'aune des événements actuels, la réponse me semble très claire.

 

Notre modèle économique nous le savons parfaitement, pille allègrement les richesses de toute la planète et ne pourra jamais « bénéficier » aux plus pauvres, qui sont le terreau sur lequel il prospère. Empêcher les guerres, juguler la faim et la misère de part le monde n'a jamais été son but, n'a jamais fait partie de ses préoccupations, n'est pas gravé sur son disque dur. Ce nome slang est son marché aux esclaves. Au-delà même, la confrontation de ses fléaux avec notre bulle « aseptisée » lui est indispensable pour afficher chez nous son « rôle régulateur», comme catalyseur pour enrayer toutes velléités de révolte. C'est moi ou le néant « Choisi ton camp, camarade ! ». Et puis soyons « soulagés » : Il faut bien à quelque part une « terre promise » pour entretenir les illusions d'un monde meilleur et en même temps un « Eden » un « Eldorado » loin des aléas et des péripéties agressives pour protéger, jusqu'à la prochaine « crise », la croissance sereine du capital et le dépenser. La conjoncture est vieille comme le monde, rien de bien nouveau sous les étoiles. Pendant ce temps, l'espoir d'un monde plus juste, plus solidaire, porteur de signes d'avenir, d'évolution généreuse de notre humanité, s'épuise, pantelant, assommé et sans voix, laissant, encore une fois, passer son tour. Dis, Papa elle est encore loin la sobriété heureuse ?

 

Aix en Provence le 18 décembre 2013

Mireille MOUTTE

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0

Publié le 10 Novembre 2013

 

 

d-s-l-aube--jpg

 

 

 

 

Le blanc échevelé des nuées,

Les chênes verts aux troncs argentés,

Les monceaux d'or sous mes pas froissés,

Le pourpre de l'automne embrasé,

La flamboyance du soleil étalé,

Le bleu espace pour nous entourer,

Le noir abîme du ciel étoilé,

 

Toutes les couleurs de ma palette 

sur la page blanche de mon émoi

                            Mireille MOUTTE

                            Saignon le 10 novembre 2013

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0

Publié le 28 Octobre 2013

 

 

 

 

 

 

IMG 3410

 

Je voulais une nouvelle fois me révolter, protester, fulminer contre le cynisme, l'inconséquence des hommes, leurs larmes de crocodiles sur le sort des immigrés de Lampedusa, leur brusque découverte des conséquences de la misère. Et puis, j'ai lu un entretient de Robin Renucci dans le Télérama n°3326 qui m'a réconciliée avec l'humanité. Qui m'a émue aux larmes tant son parcours et ses propos résonnent en moi à l'unisson. J'ai décidé pour une fois d'être positive, d'avoir confiance dans cet avenir là. Un homme pour qui l'éducation et l'art sont primordiaux, indispensables à l'évolution à la compréhension du monde. Un homme qui a pour préoccupation : « L'éducation citoyenne par l'art ». Un homme pour qui l'imagination, la création priment sur le vedettariat, les succès facile, l'argent. Ce n'est pas un énième artiste engagé. Sa force est un engagement, indissociable de son art, de sa pratique. Agir là où nous sommes, dans la vie de tous les jours. A chacun ses aptitudes, ses possibilités. C'est la résistance de l'ombre. Chacun sa pierre à l'édifice, sans télévision, sans journaux, sans médiatisation. C'est long, difficile, sans toujours les résultats espérés. Mais si à l'occasion d'une rencontre, d'une lecture, cette communauté de conviction se concrétise, ce partage même fugace, nous ranime, nous répare, soigne notre nostalgie d'un monde solidaire en lui donnant vie. Merci pour ce témoignage d'un engagement passionné.

 

Saignon le 15 octobre 2013

Mireille MOUTTE

DSC01365-1

Voir les commentaires

Rédigé par ab irato

Repost0