Publié le 25 Avril 2015

Une rainette experte en vocalise,

Cachée dans la réserve d'eau du jardin,

M'attend patiemment à toute heure du jour,

Rendez-vous secret que je ne peux manquer,

Un jour peut être fera-t-elle ses valises,

Lasse de me voir le soir et le matin,

Près d'insipide semis vibrer d'amour,

Sans lui accorder l'importance espérée

Petite rainette j'adore tes trilles,

Pour ton talent je te laisse mon bassin,

Je compte beaucoup sur ton précieux concours

Pour chasser les envahisseurs de l'été,

Pas de souci, ma confiance t'est acquise

Nous sommes dans le jardin de bons copains

Toi sur le nénuphar, moi dans les labours

Douce harmonie, éternelle beauté

Mireille MOUTTE

Saignon avril 2015

La rainette,

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Rédigé par ab irato

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Publié le 9 Avril 2015

Dans mon enfance, il y a bien longtemps, mon cousin Jojo était un peu mon héros. Il avait, il a toujours 5 ans de plus que moi. C'était un peu mon grand frère. Avec ma sœur il nous menait au ski à Orcières Merlettes, on campait en Ardèche, en Valouise.... Comme nous il aimait bivouaquer, vivre un peu à la sauvage. Il avait fait la guerre d'Algérie dans les parachutistes. Bien que je sois antimilitarisme, anticolonialiste, il avait un aura de baroudeur, d'aventurier qui, malgré tout nous plaisait bien. De plus il avait beaucoup de succès auprès des filles et ressemblait un peu à Alain DELON, (de loin!). Bref on le trouvait magnifique.

Il a aujourd'hui 78 ans, l'aura à un peu pâli, mais en souvenir de notre jeunesse c'est toujours le beau Jojo. Lui aussi le Luberon l'a ensorcelé, envoûté et cela nous relie encore un peu plus. Nous habitons dans le même village, mais à quelques kilomètres de distance, moi au cœur du village, lui sur le plateau des Claparèdes. Pourtant nous ne nous voyons pas souvent. Lui dans sa montagne au milieu de nulle part avec ses chiens, les sangliers, les renards et les oiseaux comme voisins. Moi plus citadine, je navigue entre Saignon, mon jardin potager, les amis, les balades et Aix-en-Provence. Nous sommes tous deux célibataires, sans enfant, et par conséquent les dernières vieilles branches présentes sur le territoire. La famille s'est dispersée, chacun a suivi son destin. Nous sommes sur nos terres, les héritiers de tous ces papés et mamés qui ont parcouru la Montagne, gardé les moutons, les chèvres, élevé des lapins, des poules, cultivé la lavande, les pois chiches, un peu de céréales pour les bêtes, un peu de vigne, un peu de truffe...... Nous longeons toujours les même murs de pierres sèches qu'ils ont construits, dévalons les mêmes bancaus, parcourons les mêmes vallons de l'Aiguebrun, suivons les mêmes sentiers tracés à la serbe pour relier les fermes, les champs. Nous sommes attachés à ce pays par des chaînes indéfectibles, par le poids du passé, par le devoir de témoignages des us et coutumes anciens. Nous avons une responsabilité énorme : faire vivre tous nos aïeuls. Pour garder jusqu'au bout le souvenir de Ferdinand, Germaine, Marcel, Fernand, Florette, Jeannot, Victoria, Louis, Gabi, Lulu, Yolande, Thérèse, Roger, Marie-Louise....auxquels s’ajouteront bientôt : Jojo, Mireille.... Mais qui se souviendra de nous ? La Montagne qui gardera le souvenir de nos pas ! Tout passe, mais elle sera toujours là. Immuable depuis la nuit des temps et pour quelques siècles encore, si tout va bien. ADESSIAS !!!

Saignon le 8 avril 2015 Mireille MOUTTE

Jojo,

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Publié le 27 Mars 2015

L'oseille

A L'automne, avec ténacité, bêcher son jardin,

De compost nourrir la terre abondamment,

Drainer, espérer quelques neiges,

Attendre....

Au Printemps, avec ardeur, biner, ratisser,

Avec constance, ôter chiendent, herbes folles et cailloux,

Préparer la terre à la semence,

Attendre...

Dans un coin bien abrité, ensoleillé,

Semer quelques petites graines

Recouvrir amoureusement de terre légère,

Attendre......

Surveiller, protéger en tout temps,

Beaucoup de soleil, un peu de pluie,

Le regard de Rodrigue pour Chimène

Attendre encore un peu.....

Et, un jour de grand soleil, Oh miracle,

il suffit de se baisser pour cueillir

A pleines brassées...... de l'oseille !!!!

Saignon le 26 mars 2015 Mireille MOUTTE

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Rédigé par ab irato

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Publié le 23 Mars 2015

Dimanche 22 mars 2015, 17 heures 15. Je ne connais pas le résultat des départementales. Je dirai presque...... peu importe !. Les difficultés sans nombre, commencent maintenant. Il n'y a pas qu'une « crise » de confiance dans les hommes politiques dans les élites. C'est une remise en question complète de leur efficience, de leur honnêteté, de leur capacité à gérer le bien commun au service de tous..Il faut bien reconnaître que cette méfiance a quelques raisons de perdurer. Inutile de revenir sur la listes non exhaustive de leurs méfaits. Cette remise en cause est le fait aussi d'une plus grande information du fait politique , d'une méfiance naturelle envers des élites auto-programmés. Du mépris, de l'arrogance, de la morgue affichés par une caste orgueilleuse sûre de son immunité de la protection complice de ses membres. Nous sommes organisés en société. La structure, la représentation peuvent être remises en cause (le peuple doit avoir accès a l'hémicycle, il doit pouvoir exercer le pouvoir, par exemple) Cela s'appelle la démocratie. Encore faut-il tout faire pour donner envie à la jeunesse de participer, de s’investir, de prendre des risques même, au service de tous. « La critique est facile mais l'art est difficile » Quelques soient les décisions à prendre et prises, les critiques et les contestations leurs sont indissociables. Normalement seul le bien commun, la justice et le droit doivent présider à leurs élaborations, à leurs applications. Mais voilà des notions bien aléatoires !! A chacun sa sensibilité, sa définition, son curseur, et surtout à chacun sa clientèle. C'est l'un des graves virus de notre démocratie : IL FAUT A TOUT PRIX SE FAIRE ELIRE ET REELIRE. Il faudrait imposer des mandats à durée limitée, non renouvelables.

Aujourd'hui, il ne faut plus attendre simplement la suite, ne plus être spectateur impuissant de sa destinée. Malgré les difficultés, il est indispensable de se faire entendre, de s'organiser, de s'unir, de participer, de prendre ses responsabilités, chacun à son niveau, chacun suivant ses capacités. Ne pas laisser toujours à d'autres et trop souvent aux mêmes, le soin de préserver, de défendre le bien public. Sinon le chacun pour soi triomphera, et tant pis pour les vaincus : les plus faibles, les laissés pour compte, les subalternes et subordonnés de tout bord.

Mireille MOUTTE

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Publié le 19 Mars 2015

Sans lui

Mon petit poisson est parti,

Sa courte vie des plus cruelle

Ne lui a pas laissé le temps de ses 15 ans,

Il ne verra même pas les amandiers en fleurs,

Nous n'irons plus ensemble à la montagne de couleurs,

Nous ne chanterons plus à tu tête « Quand l'oiseau chante »

Plus de bisous tendres dans le cou, de guili-guili dans le dos

Plus de chagrin, plus de souffrance, plus de câlinerie non plus

Je ne t'entendrai plus m'appeler « ma tatie !! » avec un sourire radieux,

Tous ces petits instants de bonheurs partagés sont pour toujours notre trésor,

Et s'ils soulignent l'absence, ces souvenirs heureux me tiennent chaud au cœur,

Saignon le 12 mars 2015 Mireille MOUTTE

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Publié le 17 Mars 2015

Partie en biberine

Partir en biberine,

« Tous les garçons et les filles de mon âge » partent en biberine !!! ou si vous préférez en sucette !!! Françoise, Françoise mais qu'est ce que tu nous racontes là: « En France on aime pas les riches, pourtant c'est eux qui créent la richesse»... « Si on prend tout l'argent des riches ils ne peuvent plus employer des salariés, par exemple : moi à mon niveau, dans ma maison secondaire, j'ai un jardinier et une femme de ménage, si je ne peux plus les payer ils seront au chômage. CQFD !! » (résumé de l'idée générale)

Françoise, je vais essayer de t'expliquer pourquoi les salariés et les pauvres en général sont si peu reconnaissants aux riches de leurs immenses bienfaits :

1°) Si les riches sont riches, ils le doivent, peut être un peu, aussi, aux salariés qui dans l'ombre de leurs usines vissent ou dévissent leurs boulons en cadence, pour augmenter les bénéfices, le capital et par la même les dividendes des actionnaires.

2°) Il n'y a pas d'employeur sans salarié mais je te l'accorde, l'inverse est vrai aussi. IMPORTANT ! : Le but premier du salarié n'est pas d'entretenir la propriété du riche. Il veut aussi vivre dignement, profiter de la vie, bien manger, bien se soigner, se former, s'épanouir ( dans son travail par exemple), bien élever ses enfants et avoir enfin au bout de quarante et quelques années d'un dur labeur une retraite correcte.

3°) C'est vrai, je te l'accorde, le salarié est souvent pénible, il rouspète, il conteste, il manifeste, il fait même la grève. Il comprend, en effet, très vite qu'il ne sera lui, jamais riche par son seul travail au service des riches, qui lui permettent à peine de vivre et pour certains de survivre.

4°) Dans sa naïveté suprême il conteste également les écarts de salaires pharaoniques qu'il constate entre lui, les actionnaires, ses PDG, décideurs et autres conseillers. On a beau lui expliquer que l'usine ne tourne que grâce à l'argent de la bourse. Que la différence des salaires s'explique facilement par des compétences supérieures et des risques exorbitant pris dans des investissements hasardeux au service de la société. Il estime que ses compétences à lui, ne sont pas justement prises en compte et rémunérées à leur juste valeur. Qu'il prend d'énormes risques à aliéner sa vie, sa santé, son énergie à une entreprise qui au bout de quelques années de bons et loyaux services n'hésitera pas une seconde à délocaliser son emploi pour gagner plus et le mettre sans vergogne au chômage, car malgré tout il coûte encore trop cher.

5°) L'argent économisé à grand peine « pour ses vieux jours » est pris en otage par les banques, kidnappé par des margoulins. Il n'a malheureusement pas de conseiller fiscal qui lui permettrait

d' optimiser au mieux ses revenus ou de les placer dans les paradis fiscaux. La moindre heure supplémentaire, la moindre prime, le moindre revenu sont déclarés directement au fisc. Aucun moyen d'y échapper. Et ceux qui n'ont pas l'honneur de payer des impôts à cause de revenus trop modestes, font des pieds et des mains pour rentrer dans ce cercle prestigieux.

6°) Il est de notoriété publique qu'il faut prendre en priorité l'argent aux pauvres, certes ils sont pauvres, mais ils sont beaucoup plus nombreux que les riches. Soyons comme vous le dites si bien « pragmatique ».

7°) J'ajouterai que le pauvre est beaucoup plus facile à contrôler, à manipuler à culpabiliser, par le fait de sa position d' infériorité. Il restera toute sa vie dépendant des décisions prises par d'autres, pas toujours soucieux de ses intérêts et de ses besoins. Il pourra même à l'occasion, vous aider à devenir plus riche dans l'espoir vaniteux de vous rejoindre, de vous dépasser et de prendre enfin sa part de gâteau.

Enfin,

8°) Le monde des riches et des pauvres est depuis très longtemps radicalement opposé par des intérêts antinomiques, une situation de dépendance/interdépendance intenable. On peut le regretter. C'est une réalité vulgairement appelée : "LA LUTTE DES CLASSES" Concept des plus décrié mais qui est d'une actualité brûlante

Voila, Françoise expliqué en quelques mots succincts, l’impatience et l'ire des salariés, des pauvres, envers leurs bienfaiteurs et l 'incompréhension de ces derniers devant tant d'ingratitude !.

Adessias Pitchoune et à bientôt de t'entendre.........CHANTER.

(suite à l'émission ONPC du samedi 7 mars 2015)

Mireille MOUTTE

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Publié le 11 Mars 2015

Les autres,

Les autres,

Il faut affirmer son indépendance, sa différence , sa singularité : mais pourquoi faire ? Pareil que les autres ? Une fois son point de vue imposer, d'autres points de vue émergent qui sont ou se veulent aussi pertinents que les autres. Les plus têtus, les plus persévérants, les plus habiles imposeront aux autres leurs certitudes et ....

Je pense à Aimé Cesaire, le chantre de la Martinique, de la négritude, qui s'est battu contre la colonisation pour imposer les Martiniquais comme des Français à part entière, avec les mêmes droits, les mêmes devoirs que ceux de Métropole. Il a abandonné toute idée d'indépendance : Pour aller vers où ? vers quoi ? Le fiasco des indépendances africaines, où le « pouvoir » à changer de main mais pas les richesses toujours aux mains des margoulins, où le capitalisme, nouveau colonisateur est toujours là, « Les colons partis, tout restera à faire ».

Je pense à Nelson Mendela et la lutte contre l'apartheid, même parcours philosophique, même constat, après la lutte, l'apartheid jugulé, la réconciliation acceptée, tout reste à faire. Il persiste surtout la pauvreté un sous produit de la ségrégation..

Il ne s'agit pas de déception, d'abandon, ou de faillite d'un système, mais d'une mise en lumière de nos lacunes. Il faut utiliser les outils existants "système'' pour se dégager des immobilismes et puis en inventer d'autres, pour inventer d'autres chemins ou pour gérer les conséquences des compromissions.

« C’est assez dire que pour notre part, nous ne voulons plus nous contenter d’assister à la politique des autres. Au piétinement des autres. Aux combinaisons des autres. Aux rafistolages de consciences ou a la casuistique des autres ». Aimé CESAIRE Lettre à Maurice THOREZ

Attendre qu'une nouvelle bourgeoisie impose ses us et coutumes, pour que tout bouge sans que rien ne bouge et que les exploités de tous genres soient, dans le meilleur des cas, conscients de leur bonheur d'être pris en charge par un état providence..

Mireille MOUTTE

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Publié le 25 Février 2015

Lettre ouverte au monde musulman d'Abdennour Bidar

Bonjour à vous tous,

Si vous ne l'avez pas encore lue, cette lettre est à lire d'abord en prenant son temps puis à diffuser largement autour de vous.
Abdennour Bidar est normalien, philosophe et musulman. Il a produit et présenté tout au long de l'été sur France Inter une émission intitulée « France-Islam questions croisées ». Il est l'auteur de 5 livres de philosophie de la religion et de nombreux articles.
Cette lettre ouverte au monde musulman fait suite aux événements des jours passés, notamment l'€™assassinat de Hervé Gourdel. De nombreux musulmans ont manifesté leur indignation nécessaire et salutaire (en France et dans le monde, avec le mouvement #NotInMyName « pas en mon nom »). Au delà de cette dénonciation indispensable, Abdennour Bidar pense qu'€™il faut aller plus en profondeur, et entrer dans une autocritique de l'€™Islam comme religion et civilisation dans ce moment de transition cruciale de sa longue histoire. Pour le meilleur de l'€™Islam.
Dans un esprit de fraternité entre croyants de bonne volonté, c'est avec joie que nous pouvons lire ce texte, découvrir un autre visage de l'Islam, et peut-être prendre nous aussi quelque chose de cette sagesse qui consiste à vouloir se réformer pour être plus fidèle.

Lettre ouverte au monde musulman
Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd’hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident !


Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d'enfanter un monstre qui prétend se nommer État islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre, perdre ton temps et ton honneur dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.
Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Tu cries « Ce n'est pas moi ! '», « Ce n'est pas l'islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t'€™insurges que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu'€™à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l'islam dénonce la barbarie. Mais c'est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l'autodéfense sans assumer aussi et surtout la responsabilité de l'autocritique. Tu te contentes de t'indigner alors que ce moment aurait été une occasion historique de te remettre en question ! Et tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l'islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme ce n'est pas l'islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre mais la paix ! »
J'entends ce cri de révolte qui monte en toi, au mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l'islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l'être humain sur le chemin du mystère de l'existence. Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l'islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine je vois aussi autre chose que tu ne sais pas voir. Et cela m'inspire une question, LA grande question : pourquoi ce monstre t'a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? C'est qu'en réalité derrière ce monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il faudra bien pourtant que tu finisses par en avoir le courage.
Ce problème est celui des racines du mal. D'où viennent les crimes de ce soi-disant « État islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c'est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd’hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, et il en surgira autant d'autres monstres pires encore que celui-ci tant que tu tarderas à admettre ta maladie, pour attaquer enfin cette racine du mal !
Même les intellectuels occidentaux ont de la difficulté à le voir : pour la plupart ils ont tellement oublié ce qu'est la puissance de la religion en bien et en mal, sur la vie et sur la mort qu'ils me disent « Non le problème du monde musulman n'est pas l'islam, pas la religion, mais la politique, l'histoire, l'économie, etc. ». Ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur de réacteur d'une civilisation humaine ! Et que l'avenir de l'humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité tout entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l'échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l'homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent et qui comme l'islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.
Je vois en toi, monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXI ème siècle ! Malgré la gravité de ta maladie, il y a en toi une multitude extraordinaire de femmes et d'hommes qui sont prêts à réformer l'islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l'humanité entretenait jusque là avec ses dieux ! C'est à tous ceux-là , musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes ouvrages ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu'entrevoit leur espérance !
Mais ces musulmanes et ces musulmans qui regardent vers l'avenir ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c'est l'état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms de Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou « État Islamique ». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à -vis des dogmes de la religion; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.
Tout cela serait-il donc la faute de l'Occident ? Combien de temps précieux vas-tu perdre encore, cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ?
Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l'avouer, tu as été incapable de répondre au défi de l'Occident. Soit tu t'es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l'intérieur de tes frontières un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l'Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité, je veux parler notamment de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie mondiale qu'est le culte du dieu argent.
Qu'as-tu d'admirable aujourd’hui, mon ami ? Qu'est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes ? Qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l'Inde à l'Espagne ? En réalité tu es devenu si faible derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même. Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller, et cela te rend aussi malheureux qu'agressif€. Tu t'obstines à ne pas écouter ceux qui t'appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière.
Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l'islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l'État que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu'à l'intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d'imposer que l'islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu'« Il n'y a pas de contrainte en religion » (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son appel à la liberté l'empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ?
De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s'élèvent aujourd’hui dans la Oumma pour dénoncer ce tabou d'une religion autoritaire et indiscutable€. Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu'ils ne comprennent même pas qu'on leur parle de liberté spirituelle, ni qu'on leur parle de choix personnel vis-à -vis des « piliers » de l'islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge » si sacrée qu'ils n'osent pas donner à leur propre conscience le droit de le remette en question ! Et il y a tant de familles où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès le plus jeune âge, et où l'éducation spirituelle est d'une telle pauvreté que tout ce qui concerne la religion reste quelque chose qui ne se discute pas !
Or cela de toute évidence n'est pas imposé par le terrorisme de quelques troupes de fous fanatiques embarqués par l'État islamique. Non ce problème là est infiniment plus profond ! Mais qui veut l'entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n'entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t'illusionnes, Au mon ami, en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l'islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d'évoquer : une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive €“ est trop souvent l'€™islam ordinaire, l'€™islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l'islam du passé dépassé, l'islam déformé par tous ceux qui l'instrumentalisent politiquement, l'islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement spiritualité et liberté ?
Bien sûr dans ton immense territoire il y a des Îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d'approfondissement spirituel ; des lieux où l'islam donne encore le meilleur de lui-même, une culture du partage, de l'honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l'€™être humain et la réalité ultime qu'€™on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d'€™islam, et partout dans les communautés musulmanes du monde, des consciences fortes et libres. Mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans reconnaissance d'€™un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l'€™instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J'€™ai mon propre rapport à l'€™islam » n'€™a été reconnu par « l'€™islam officiel » des dignitaires. Ceux-là au contraire s'€™acharnent à imposer que « La doctrine de l'€™islam est unique » et que « L'€™obéissance aux piliers de l'€™islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).
Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l'€™une de ces racines du mal dont tu souffres, Au mon cher monde musulman, l'€™un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d'un Bien et d'un Mal, d'un licite (halâl) et d'un illicite (harâm) que personne ne choisit mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées tu associes encore la religion et la violence contre les femmes, les « mauvais croyants», les minorités chrétiennes ou autres, les penseurs et les esprits libres, les rebelles€“ de sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !
Alors ne fais plus semblant de t'étonner, je t'€™en prie, que des démons tels que le soi-disant État islamique t'aient pris ton visage ! Les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C'€™est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l'éducation que tu donnes à tes enfants, dans chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n'es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l'€™égalité des sexes et l'émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! C'est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction.
Cher monde musulman. Je ne suis qu'un philosophe, et comme d'habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu'€™à faire resplendir à nouveau la lumière, €“ c'est le nom que tu m'as donné qui me le commande, Abdennour, « Serviteur de la Lumière ».Je n'aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français, « Qui aime bien châtie bien ». Et au contraire tous ceux qui aujourd’hui ne sont pas assez sévères avec toi, qui veulent faire de toi une victime, tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salam, que la paix soit sur toi.

L’œil était dans la tombe et regardait Caën......

L’œil était dans la tombe et regardait Caën......

Cette lettre est primordiale, essentielle et indispensable. Mais je pense de plus en plus que cela ne suffira pas à régler « les problèmes » car ils sont d'une complexité sans égale. 
Avant hier en revenant de ma rééducation j'ai traversé le parc paysager du Jas de Bouffan en passant par le petit centre commercial  j'ai voulu acheté Libération au buraliste. Très sympathique elle m'a expliqué  qu'elle n'en recevait que 2 exemplaires  et encore pas tous les jours, qu'elle ne vendait pas toujours, idem pour le Monde une dizaine d'exemplaires.  Pour information le susdit quartier de grands ensembles plutôt classe moyenne doit compter entre 1500 à 2000 personnes ! Voilà pour la liberté d'expression et le droit à l'information.  Par un raccourci impressionnant tout est là. Si en plus tu vas voir dans l'ordre : Timbuktu, sur les djihadistes, Hope, sur l'immigration, Spartacus et Cassandra sur les Roms, la misère, Max et Lenny, sur les difficultés de vivre  et  l'Enquête sur l'affaire Clearstream,  que tu  essayes de t'informer de manière pluraliste. Tout est dit. L'éducation, la démocratie, la bonne volonté ne suffiront pas à vaincre la misère corollaire de tous ces errements.  Beaucoup trop d'argent son en jeux. Cette misère,  cette détresse, cette folie, aussi bizarrement que cela semble, servent le marché  financier international : par la vente massive d' armement qu'elles impliquent (et peu importe à qui), pour les laisser piller sans vergogne et bien sûr sans scrupule les richesses de la planète, pour spéculer librement sur les matières premières, le vivant... pour assurer par l'argent roi et la corruption généralisée leurs intérêts  supérieurement primordiaux, par le maintien  au pouvoir des politiques indispensables à leur    bon    fonctionnement,   en leur permettant de fédérer autour d'eux  les électeurs contre le terrorisme, l'insécurité, l'immigration, le chômage..  qu'ils provoquent. Stratégie de tension, éternelle ritournelle de ceux que se succèdent au pouvoir  pour faire la même politique avec la même impuissance face au pouvoir financier. Seuls sortent victorieux de ces magouilles  les billions de dollars qui tournent autour de la terre, telle une ceinture d'explosifs,  et ceux qui s'en gavent. L'éducation et la démocratie ne sont pas loin s'en faut, leur priorité (attendre la suite pour la Grèce) et la bonne volonté est inconnue de leur logiciel  L' incapacité généralisé du politique  est devenu notre plus grande menace. Le pouvoir quel qu'il soit n'a jamais eu comme programme le bonheur des peuples. Ils ne leur servent qu'à imposer leur domination, leur hégémonie sur la planète.  

Aix le 20 février 2015 

Mireille MOUTTE

 

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Rédigé par ab irato

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Publié le 13 Février 2015

Il n'y a pas d'âge...

Il n'y a pas d'âge pour s'instruire ! J'ai assisté hier soir à une conférence au Mucem sur la peur ancestrale d'hier et médiatique d'aujourd'hui. Vaste domaine, traité d'une main de maître par Monsieur Patrick BOUCHERON, historien, médiéviste. Nous avons commencé au XIV° siècle par la fresque du bon gouvernement peinte par Ambroglio LORENZOTTI dans le Palais Communal de Sienne et fini par le XXI° de BUSCH et OBAMA, en deux heures intenses et passionnantes. J'ai compris, si je ne le savais déjà, que la peur intarissable est aussi vieille que la terre. Qu'elle est constitutive de l'être humain : qui en temps de paix craint la guerre et en temps de guerre craint la violence qu'elle engendre. Depuis toujours la peur et la culpabilité de la peur ont été des outils dans les mains des dirigeants, jusqu'au jour où toute peur et honte bues le peuple se révolte et renvoie alors tel un boomerang la peur à ses propres manipulateurs. J'ai l'impression que la peur est d'autant plus grande que nous vivons dans une société que nous voulons de plus en plus sécurisée (assurances de toutes sortes, responsabilités accrues des acteurs sociaux, judiciarisation des conflits). Nous supportons de moins en moins le risque et la peur tout en les mettant à l'épreuve continuellement dans notre quotidienneté (voyages, avions, voitures, sports, comportements...) et ce en parfaite contradiction avec notre soif d'aventure dont nous ne voulons plus assumer les risques qu'elle incombe.

Aix en Provence le 12 février 2015

Mireille MOUTTE

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Rédigé par ab irato

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Publié le 8 Février 2015

A Marius

Des douleurs en cortèges, des questions en suppliques,

Oh mon frère humain,

Où tu es je suis,

 

Désespérance, fatalité, égarement, pleurs,

L'espoir malgré tout présent,

Où tu es je suis,

 

Existence précaire, souffrance, disparition, renaissance,

Cercle infini de la vie,

Où tu es je suis,

 

Éternelle promesse d'un soleil flamboyant,

Bonheur précaire du jour,

Où tu es je suis,

 

De la lune à la terre, du soleil au cosmos,

Des montagnes aux collines, des plaines aux vallées,

Des falaises aux dunes, des vagues à l’océan,

Lumière incandescente ou noirceur étoilée ,

Partout je te vois,

Tu es là avec moi.

 

Mireille MOUTTE

Février 2015

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Rédigé par ab irato

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