Publié le 27 Octobre 2026
La confrontation est consubstantielle à la démocratie.
Sans pluralisme ni débat contradictoire, la démocratie bascule vers le totalitarisme ou l’autoritarisme. Dans l’hémicycle, les discours, les programmes et les votes doivent s’affronter pour dégager un consensus. La majorité doit se construire en tenant compte des élections et refléter la diversité des opinions qui la composent ; de là naissent les compromis qui permettent de gouverner. Dans la recherche indispensable de cet équilibre, l’adversaire politique peut devenir un partenaire de circonstance pour faire aboutir des lois.
Tout ce « baratin politiquement correct et démocratiquement idéal » se heurte inévitablement aux réalités triviales des enjeux et intérêts divergents entre les classes sociales, éclatées entre finance, actionnaires, économies, marchés, mondialisation, lobbying et les salariés qui portent en réalité toute la création de la richesse initiale. Les premiers détiennent le pouvoir depuis des décennies, tandis que les seconds n’ont que leurs bulletins de vote pour viatique. Les premiers exploitent trop souvent la démocratie pour s’enrichir avec leurs alliés, les seconds sont aux ordres de leurs intérêts privés.
Quand les voix syndicales, associatives et sociales sont disqualifiées, écartées, quand l’information relève en grande partie de multimillionnaires de droite ou obéit au pouvoir, quand celui-ci reste sourd aux justes revendications des salariés et se concentre entre les mains d’une oligarchie qui se perpétue au sein d’une même classe, le peuple ne se reconnaît plus en ses représentants élus, se méfie des infos. Il descend alors dans la rue pour dénoncer son invisibilité et le mépris de ses réalités quotidiennes.
La sûreté est la première des libertés et doit être garantie pour chaque citoyen. Sans convergence entre les pouvoirs et le peuple, elle risque de devenir uniquement répressive et restreindre les libertés publiques fondamentales, comme manifester ou se réunir. L’insécurité peut aussi servir au pouvoir d’arme « par destination » pour circonvenir le citoyen. La sécurité ne s’établit pas sans la confiance du peuple souverain en la légitimité de l’État.
Un bâtiment détruit et brûlé, c’est triste et désolant. Un jeune éborgné, la main coupée, son avenir compromis, ses études limitées par le manque de moyens, l’absence de débouchés professionnels et un monde en déliquescence, c’est dramatique et surtout irrémédiable. Si une cagnotte en ligne permet de reconstruire un campanile, tant mieux. Cela prouve que certains ont encore de l’argent, et il est donc possible de leur demander un effort civique et national pour l’éducation nationale, sans passer par la charité publique.
Mireille MOUTTE
La sécurité qui restreint les libertés survient parce que la sécurité qui produit les libertés a été démantelée : on interdit aux gens de sortir en temps de pandémie parce que nous n’avons pas assez de lits pour soigner tous les malades, tandis qu’on augmente la présence et la contrainte policières là où les défaillances du système éducatif et social produisent de la criminalité.
L’État social produit plus de sécurité que n’importe quelle police. Julia Christ, philosophe
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