Publié le 9 Avril 2020
l y a morts et morts. Tous les morts n’ont pas la même importance, la même valeur, les mêmes conséquences :
Les morts multiples mais « acceptables » sont celles liées à la pollution de l’eau, de l’air, des sols, chimique, nucléaire, d’hydrocarbure.. avec comme corollaires : Stress, AVC, cardio, pulmonaire, cancer..... celles qui ne gênent pas l’évolution de notre consommation et donc de la croissance. L’ennemi est non seulement invisible mais non quantifié statistiquement. De plus, il touche les gens les plus faibles et confrontés directement aux périls. La tranche la plus aisée de la population reste majoritairement à l’écart et a les moyens de se protéger. Ces morts sont en quelque sorte acceptées comme des surnuméraires, des dégâts collatéraux liés à notre comportement social, économiques.
Les morts du covid-19 sont plus problématiques. D’abord elles touchent tout le monde, sans différentiation culturelle ou sociale. Mais surtout, avec le confinement, les entreprises et les travailleurs sont à l’arrêt, l’économie en berne, le PIB figé, la bourse et les statistiques affolées, la pénurie généralisée. S’amorce en plus sur la place publique, une remise en cause de la stratégie globale de notre modèle économique et environnemental.
Le capitalisme est confronté à ses erreurs, ses désordres et son dogme du profit immédiat qui met à mal son propre fonctionnement et notre survie par la même occasion. Les responsables sont incapables de prévoir les dégâts inévitables liés à sa gouvernance et l’étendue de leurs ravages sur les hommes et à la planète. Continuer sur notre lancée, en comptant les morts de la pollution, du virus, de la déforestation, de la baisse de la biodiversité ou d’autres, me paraît difficilement acceptable par les citoyens. L’ardoise risque d’être salée socialement, financièrement, politiquement et écologiquement s’il n’y a pas une reprise en main de l’organisation des Etats par les populations civiles. Les réflexions ouvertes, « grâce » au temps de confinement, feront j’en suis sûre leur chemin chez un grand nombre de citoyens, sinon...
Comme le dit si bien Florence Aubenas : Après la pénurie de masques c’est celle des cercueils qui suivra
Mireille MOUTTE







