Publié le 14 Février 2017

Mes pieds arrimés à la terre

Le ciel m'offre l'infini

L'immuable et l'éphémère

Pour un instant réunis.

 

Haiku

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Rédigé par Po

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Publié le 26 Décembre 2016

Chez nous la magie de Noël débutait bien avant le 25 décembre. C'était tout d'abord la récolte des éléments indispensables à  la décoration de la  crèche de Noël. La cueillette du houx,  du gui, des cailloux aux formes originales, du feuillage coloré, des branches dénudées, des baies multicolores, des pignes de pins et de la mousse, beaucoup de mousse qu'il fallait entretenir amoureusement pour qu'elle reste bien verte. Toute cette recherche rituelle prenait plusieurs week-end. J'avais la lourde tâche de peindre le ciel, la lune, les étoiles et les collines sur la toile de fond. Ne pas oublier de semer le jour de la Sainte Barbe du blé et des lentilles dans des soucoupes spéciales pour activer la germination. Enfin, enfin.. nous pouvions commencer dans la fébrilité l'installation proprement dite du décor fait de planches, de livres et de papier spécial  crèche, pour imiter l'escarpement d'une montagne et la construction de la grotte de la nativité, objet de toutes les attentions !  Puis était sorti de derrière les fagots le grand carton des santons bien emballés dans du papier journal.  Chaque fois une surprise géante et des discussions à n'en plus finir sur leur position précise dans le décor. Chacun avait son santon préféré et voulait la meilleure place pour son protégé. C'était un mois d'excitation, de  félicité, de joies intenses à la moindre découverte de tel ou tel détail "exceptionnel" du décor. Fiers de notre travail, nous attendions avec impatience la levée du rideau sur cette scène préparée avec amour. Les félicitations de tout le voisinage, venaient clôturer notre œuvre et nous remplissaient de bonheur. Pendant ce temps, mon père s'agitait aux fourneaux pour faire son nougat noir, ses tuiles et ses mendiants, ma grand-mère triait la carde pour faire sa fameuse tarte aux clovisses, ma mère s'occupait de la décoration et du plan de table. Nous étions ma sœur et moi chargées de compter les treize desserts. Chacun avait son travail et conscient de sa responsabilité s'appliquait du mieux qu'il pouvait. Dans une ambiance festive de chants, de rires et d'excitation, les oncles, tantes, cousins, cousines, amis arrivaient enfin les bras chargés de cadeaux. La fête pouvait continuer à l'unisson. La  mise en crèche du petit jésus était l'apothéose de cette nuit du 25 décembre.
                                                                          
                                                                          Mireille MOUTTE
                                                                          Saignon, Décembre 2016

La magie de Noël

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Rédigé par ab irato

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Publié le 13 Décembre 2016

 
Aujourd'hui voyage au programme et en aéroplane s'il-vous-plait ! Départ du MP2, entendez par là : Aéroport Marseille Provence, les low-cost ont perdu le A d'aéroport et  gagné un 2 parce qu'il y a un 1, c'est logique. Pas de problème le voyage est là point barre ! Simplement le fait de ne plus être qualifié d'aéroport est déjà inquiétant. Il est vrai que le hangar qualifié de  "hall de départ " ne paye pas de mine, il se rapproche plus d'un silo à grain et d'une grange à fourrage. L'échelle en fer pour monter dans l'appareil est raccord !  Luxe suprême il  a des ailes (deux pour être précise), c'est le moins que l'on puisse faire.  Que  dire de l'installation des sièges plus que riquiqui. On ne risque pas de tomber, coincée entre deux passagers plus ou moins importants qui débordent quelque peu de leur siège et la tablette du breakfast qui t'oblige a rentrer tes abdos, si tu as la chance d'en avoir. Pour ajouter à la confusion tous les discours sont en anglais, le steward doit être pressé d'en finir car le débit ne me laisse aucune chance de traduire quoi que se soit. J'ai compris simplement "relax" et peut être "good luck", mais je ne suis pas sûre, c'est de l'humour so british ! Ça y est, enfin, après des heures d'attente on roule sur le tarmac. J'ai l'impression que les pneus ne sont pas bien gonflés, ça bouge beaucoup ou alors ce sont les amortisseurs qui sont HS. Croisons les doigts pour que le pilote se soit  levé du bon pied, qu'il est bien déjeuné, qu'il ne se soit pas disputé avec sa moitié, qu'il ait bien lavé ses lunettes et qu'il n'est pas trouvé son permis dans une pochette-surprise ! Ha ha ha ha. Je grince des dents. Bon nous sommes de nouveau à l'arrêt, le pilote fait gentiment whaou whaou avec l'accélérateur, d'ici qu'il nous vide la batterie il n'y a pas loin....... Ça grimpe....Ça grimpe....Ça grimpe encore.... Il fait froid. J'aurais dû mettre mon damart. J'ai la bouche sèche....J'ai soif...J'ai même un peu faim. Attendons la collation avec patience et curiosité. Ce sera finalement 5 € pour un  Chocolat industriel et un croissant dépressif. Le tout dégusté à l'allure grand V, tablette trop encombrée de manteau, de sac, d'ordi..... Bon pour me consoler j'ai récupéré un hublot inoccupé. Une mer de nuage en bas, du bleu partout en haut. J'ai une vue imprenable sur les deux moteurs d'une aile. En cas de coup dur je serai la première informée, j'aurai peut être le temps de récupérer mon " emergency oxygène", mon Life vestes, mon " undo seat belts" et faire mon " emergency Lansing". Je me suis installée pas très loin d'un "emergency exit", si je suis bien sage et si j'ai de la "chance" j'aurai même droit à un petit tour de toboggan ! Que demande le peuple ?  "Survivre encore un peu" mais par les temps qui courent  c'est semble-t'il encore trop demandé ! Je plaisante, la vie est belle : "Toute ma vie j'ai rêvé d'être une hôtesse de l'air, toute ma vie j'ai rêvé d'avoir les fesses en l'air, toute ma vie j'ai rêvé ....." Ça y est on descend, on arrive, on arrive,  vive les vacances et Merci l'artiste ! Je vois déjà a travers  les vitres embuées les palmiers et le lagon bleue ciel ....de.......de.........de........BREST ! 
                                                                                 En l'air le 9 décembre 2016
                                           
                                                                                  Mireille MOUTTE

 

Voyage,  voyage

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Rédigé par ab irato

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Publié le 4 Décembre 2016

Métamorphose et transcendance,

Je vais vous avouer quelque chose: J'ai revu mon fameux moineau du jardin. En fait c'est un rouge-gorge mais pour des besoins de rime ou de pied,  nous autres "poètes" sommes prêts à tout : transformer un condor en pigeon, un crapaud en prince charmant, un vilain petit canard en cygne majestueux. Bref, "mon" rouge-gorge revient régulièrement dans mon jardin. Dès que j'arrive je sifflote et le voilà. Il m'écoute, je l'admire, on se regarde tendrement, on s'aime, une idylle platonique mais intense, sans serment,  sans chaîne, sans cri, faite de respect,  d'admiration et  du bonheur des retrouvailles. Il me rappelle quelqu'un que j'aimai beaucoup et qui est parti trop tôt. Comme il commence à faire froid, je lui ai promis un nichoir et une mangeoire rien que pour lui. Je vais de ce pas me mettre à l'ouvrage. Tchao !                                                                        Mireille MOUTTE
                                                                                      Saignon le 3 décembre 2016

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Rédigé par ab irato

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Publié le 1 Décembre 2016


Quelles sont les nouvelles ? Rien de bien nouveau sous les étoiles : le jour succède à la nuit, le soleil se lève toujours à l'Est. Des changements imperceptibles et insidieux corrompent pourtant les esprits, et pervertisse la démocratie. Les hommes politiques sont plus que jamais désespérants, affligeants, démagogues et sans vergogne. Mais le monde n'a jamais été un havre de paix. Les difficultés sans nombre, avec quelques éclaircies parcimonieuses ont toujours été le lot commun de "l'homo erectus" à "l'homo numericus". "L'évolution" qui consiste à concentrer de plus en plus le pouvoir décisionnel a une élite restreinte d'oligarques, de grands chefs d'entreprises, d'acteurs financiers, de journalistes influent, crée une classe dominante de parvenus opulents, imbus de leurs privilèges, mélange d'auto-suffisance, d'ambition démesurée d'ego surdimentionné, de flagornerie et de mépris (larmes de crocodile et couteaux tirés) qui exacerbe les inégalités au profit des "très riches", Le portrait n'est pas flatteur, la faute à qui ? Aux principaux acteurs de la vie publique ? A homo popularis qui laissent faire ? Peut-être aux incuries des uns et des autres. À la différence essentielle que les premiers sont les protagonistes et les seconds les figurants. "On donne, "paraît-il" au peuple ce qu'il veut entendre" Comme c'est pratique ! C'est vrai on demande à l'homo ordinarius son avis, il peux voter. En fait on lui demande de passé d'un opposé à l'autre, de choisir entre Charybde et Scylla. Rien qui ne puissent enthousiasmer les nouvelles générations em’bourbés dans la satisfaction immédiate de leurs envies et/ou dévorés par le devoir de réussite à tout prix. La vie n'a plus de valeur, elle ne représente plus ce pourquoi on peut la perdre. ,

Société consumériste ou l'homme n'est plus qu'un instrument au service de l'argent roi. Un marché omniprésent qui considère l'augmentation de la consommation des biens comme un bénéfice économique. Dans cette hypothèse "le marché assurerait l'équilibre entre l'offre de biens des entreprises et la demande des ménages en fixant le niveau des prix". Cette doctrine, bien que mise à mal par la réalité économique a encore de nombreux disciples.

Dépassé par ce bulldozer qui se dit "économique" objet de toute les sollicitudes. Perdu dans un monde qu'il ne maîtrise pas l'homo ordinarius s'adonne alors à ses vieux démons : repli sur soi, égoïsme, déni, refoulement, régression, isolement..."des mécanismes de défense principalement inconscients pour éviter des émotions ou des pensées qui produiraient de l'anxiété s'ils arrivaient à la conscience".

Quelle solution ? La politique et l'homme étant ce qu'ils sont, Il faut nécessairement une prise de conscience collective pour dénoncer et renverser les dérives néfastes produites par ce système : la souffrance, le désespoir et le gâchis d'humanité qu'elles engendrent. Une volonté de changer ce qui est déclaré irréfutable par les experts et les bénéficiaires du système. Une reprise en main par la vox populi pour imposer la primauté de l'homme sur l'argent. La prépondérance de la spiritualité sur le matériel. Une éducation au service de l'épanouissement personnel, de l'émancipation, pour le bien-être de la collectivité. Cela bien sûr, ne se trouve pas "sous le sabot d'un cheval", il faut de la continuité, de la persévérance et du courage. Tout ce que les politiques à court terme et les politiciens obnubilés par leur seule élection, sont incapables de mettre en place.
Inutile alors de regretter le passé, de pleurer sur le présent et l'avenir qu'ils nous concoctent. Innocents ou coupables, acteurs ou spectateurs, responsables ou inconscients nous payerons tous les conséquences de l'abandon de nos valeurs humanistes aux seuls pouvoir de l'argent, du profit immédiat et de la performance à tout prix. Les hautes sphères gagneront toujours plus d'argent et tous les autres seront soumis à leurs intérêts financiers. Jusqu'à ce que cet Individualisme forcené, mâtiné d'indifférence, du chacun pour soi et du sauve-qui-peut généralisé fassent sortir du bois des bêtes sauvages, sans foi ni loi, sans conscience ni scrupule, que plus rien n'y personne arrêterons .
                                                                                                          Mireille MOUTTE
Comme le dit si bien la chanson d'Alain SOUCHON "Foule sentimentale"
Oh la la la vie en rose
Le rose qu'on nous propose
D'avoir les quantités des choses
Qui donnent envie d'autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c'est d'avoir
De l'avoir plein nos armoires
Dérision de nos dérisoires
Car foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales....

La complainte de l'homo ordinarius

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Rédigé par ab irato

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Publié le 10 Novembre 2016

DAECH

France 2 "Envoyé Spécial" : "Le 13 novembre : ce que l'on n'a pas pu voir" :

"L'état islamique se revendique du wahhabisme de l'Arabie Saoudite. Les frères musulmans en sont les organisateurs. Le djihâd est un appel à la guerre sainte contre les mécréants. Les terroristes sont des barbares. Les réseaux sociaux sont le cheval de Troyes de la propagande de Daech. Le Calife proclamé du Khalifat ne serait qu'un "usurpateur".....Oui d'accord, et après ....?

Pourquoi ces jeunes (français pour la plupart) élevés au lait de l'école laïque, de la démocratie et de la République, sont-ils attirés, particulièrement, par cette idéologie extrémiste et rétrograde ? Des convertis ? La radicalisation ? Peut-être. Mais beaucoup de ces jeunes ne connaissent pratiquement rien de l'Islam et de son histoire, si ce n'est quelques phrases, quelques préceptes répétés en boucle sur internet. Ne sont-ils pas aussi et avant tout les produits nauséabonds de notre société ?

La perte d'idéal, de repères, de but commun, d'espoir en un monde meilleur (il ne semble plus y avoir d'antidote au libéralisme libéré). L'abandon de toute une population marginalisée, stigmatisée, harcelée, humiliée : "Si vous êtes pauvres c'est votre faute, vous ne faites pas assez d'efforts". L'argent, le profit, la consommation, le paraître élevés en religion d'Etat. Le règne du "chacun pour soi" comme seule issue à la survie. Où sont les représentants de la classe populaire et ouvrière dans les différentes assemblées. Aucune explication, aucune précision, aucun éclairage, aucune recherche dans ce champ d'étude. Aucune remise en cause d'un système politique à bout de souffle qui laisse sans complexe les trois quarts de la population mondiale dans la misère pour le plus grand profit d'une oligarchie mondiale sans scrupule. Pourquoi ?

Daech ne serait-il pas aussi un "simple" exutoire, le prétexte d'une violence nihiliste de la terre brûlée, d'un fascisme, qui nie toute valeur aux hommes réels, au profit d'un homme rêvé. "Leur Allah Akbar" est, finalement, assez proche du "Viva la muerte" des franquistes espagnols.

Le 4 novembre 2016
MIreille MOUTTE
 

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Rédigé par ab irato

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Publié le 29 Octobre 2016

Le moineau

Depuis ce matin au jardin,
audacieux, un charmant moineau,
me suis dans mes semis, finaud
Il fait ses emplettes le badin.

Agile et vif, il picore,
de ci de là dans mes sillons,
Il me défie ce trublion,
Il se rapproche, le matamore.

De tant d'impudence, effarée,
Je laisse faire cet effronté,
Il mange enfin dans le sachet,
mes dernières graines oubliées.


Moralité :
Ni au ramage ni au plumage jamais ne vous fiez
Seuls les actes il faut juger, croyez-en mon expérience.

Saignon le 27 octobre 2016

Mireille MOUTTE

 

 

 

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Rédigé par ab irato

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Publié le 3 Octobre 2016

Aujourd'hui

Aujourd'hui, je me lève légère comme un papillon. La vie est belle. Dehors, la nature immuable, permanente, m'attend. Tout est en place, à mon bon plaisir. A moi les chemins, les sentiers, les odeurs, le plaisir de la marche, de la contemplation, de l'extase. Mon jardin potager attendra. Je préfère à cette heure prendre la poudre d’escampette, m'évader des soucis quotidiens, des problèmes qui n'en sont pas, mais qui m'engoncent inutilement dans ma quête, déjà difficile, du mieux être. Eviter les malfaisants, tel sera mon chalenge aujourd'hui. Même dans un petit village et peut être surtout dans un petit village cela demande de la concentration, des efforts d'évitement constants. Mais qu'importe aujourd'hui j'ai plein d'idées, plein d'envies pour faire de ma journée un plaisir. Un seul bémol à cette envie, le constat évident : Inutile espérer égaler cette nature en plénitude, parfaite, magnifique : ses arbres, ses collines, ses pierres, ses falaises, ses ruisseaux ses traces.... sont inimitables. Cette atmosphère bruissante, légère, sereine, en perpétuelle attente, me comble de bonheur. Oui j'ai un rendez-vous, je suis attendue, je suis indispensable. Mes souliers doivent régulièrement parcourir cette terre, user les cailloux, mes mains caresser ses coteaux, mes yeux, mes oreilles, mon nez, entendre, voir et humer ses couleurs. Je ne me laisserai perturber par rien ni personne. j'irai mon petit bonhomme de chemin, imperturbable. "Merde à Vauban".

La solitude est ma compagne. Elle me permet d'être moi, sans artifice, sans difficulté, sans contrainte, sans perpétuel ré-ajustage/adaptation, en fonction de telles ou telles données ou obligations. Éviter de parler pour ne rien dire ou des sottises, des banalités, des lieux communs. Bien sûr, j'ai un exutoire, l'écriture où je peux me laisser aller à cœur joie. Mais après tout je n'oblige personne à les lire. Et puis il faut bien de temps en temps rencontrer ses semblables, se confronter à la société, à "la vraie vie". Je ne me vois pas vivre en ermite dans une grotte perdue à flan de falaise. Je n'en ai ni le caractère, ni la force physique et morale. Je suis un peu comme le petit Marcel dans le Château de ma Mère. je n'aime pas avoir besoin de l'autre, même et surtout, s'il m'est quasiment indispensable, comme révélateur, contre-jour, arrière-plan, contraste. N'allez pas croire pour autant que je préfère mes compatriotes en photos, ce serait vraiment exagéré !

Pas de souci, pourtant : Je n'ai aucune difficulté à nouer des liens sociaux, je ne suis pas timide, je suis en grande partie, maître de ma pensée. Je voudrais simplement éviter le plus possible, peut-être par simple paresse intellectuelle : Les malentendus, incompréhensions, méprises, confusions, tensions, conflits, blocages et autres broutilles qui font le sentier battu de toute relation humaine, qui polluent mon atmosphère, m'obligent à une gymnastique émotionnelle et affective épuisante, hors de mes simples capacités cognitives. Je préfère admirer le paysage, hurler si le besoin s'en fait ressentir, seule. Je ne serai jamais en difficulté morale avec la montagne. C'est reposant. Notre environnement est complexe, il faut faire avec et en plus, essayer avec maestria de sortir de ce cloaque, une perle rare qui n'a de valeur bien entendu que par sa rareté. Demain s'ouvre toujours à l'Est. Je vais me coucher et dormir comme une enclume.

« Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. » Marcel Pagnolu

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Rédigé par ab irato

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Publié le 4 Septembre 2016

La photo


Ma mère est là, dans son cadre, sur le pétrin, dans une robe droite, à petites raies bleues et blanches, col en V, comme elle les affectionnait. Elle est bien coiffée avec sa mise en plis toute fraîche. Elle sourit, au photographe, d'un sourire de circonstance.
Je reconnais bien la pièce. C'est à Volpelière à Mas Thibert en Camargue où ma sœur et son mari élevaient des brebis. Elle est seule encore attablée à la grande table. C'était un repas de fête. On remarque la bouteille de Clairette de Die, un plat à gâteau avec sa dentelle en papier, des petites assiettes à dessert, un petit bouquet de pissenlits et géraniums....on attend le café. Au fond de la pièce, une étagère avec des livres, un sommier recouvert d'une couverture épaisse rayée rouge et blanche avec des gros coussins et le lutrin de Vincent qui a dû jouer "Mi favorita" à la guitare à la demande générale.

Sans indication d'aucune sorte, je me perds en conjoncture pour essayer de dater la photo et savoir l'âge de ma mère, qui ne doit pas être bien éloigné du mien aujourd'hui. D'après les fleurs et sa tenue, c'est en été. Si c'est un anniversaire, il peut s'agir de Paul, mon beau frère ou de Philippe, mon neveu tout deux nés en août ou Françoise, ma sœur née en septembre. Je pencherai plutôt pour Philippe, bien qu'on ne distingue aucun carton ou papier cadeau, je suis à peu près sûre qu'ils sont déjà dehors et qu'ils s'amusent. J'entends presque leurs rires.

Ils sont partis de Volpelière aux alentours de 1985-86. La photo pourrait dater de quelques années avant 82-83 ? Elle aurait donc environ 67-68 ans, plus jeune que moi aujourd'hui de 4 ou 5 ans. Mais je compte large ou court comme si les années étaient en élastique.

Tout a disparu, des choses, des gens, de l'atmosphère d'alors. Il reste le souvenir d'un moment, d'une histoire particulière, unique et fugace. L' éphémère et l'éternité gravés sur papier glacé. Peu de choses, sinon la nostalgie de l'époque héroïque de notre jeunesse, à jamais révolue. Il me restait plus de 20 ans à travailler et je me fichais comme d'une guigne de la retraite. Je vivais l'instant présent sans penser au lendemain. Une légèreté, insouciante des tracas des surlendemains qui ne chantent plus toujours. Un bonheur par abandon. C'est ce qu'il faut que je retrouve. Aujourd'hui on parle de "lâcher prise" . Plus facile à dire qu'à faire quand le corps rechigne et s'époumone. Mais Il y a un temps pour tout et la juvénile désinvolture a laissé peu à peu la place à la patiente résignation. Inutile de pleurer sur le passé il faut savoir s'adapter aux changements inéluctables.
Comme le dit si bien le chat de GELUCK : "Dans le passé il y avait plus de futur que maintenant".
Saignon, juillet 2016

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Rédigé par ab irato

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Publié le 25 Juin 2016

Je vous propose pour le week-end qui s'annonce beau et chaud, le tour des vallons de l'Aiguebrun dans les monts du Luberon. Départ de BUOUX précisément (des fois que vous vous perdiez !) sur le parking de la mairie, en face de la fontaine et du lavoir. Descendre la route vers l'Auberge La Loube peu après le deuxième virage en épingle à cheveux (les épingles à cheveux sont très utiles dans les virages !) sur la gauche une petite route balisée conduit à quelques maisons puis c'est la garrigue. Suivre les flèches bleues du parc (GR 9) Le chemin devient sentier et vous vous retrouvez au-dessus des falaises de BUOUX, site réputé pour l'escalade. Suivez la corniche ensoleillée, vertigineuse et splendide, sans s'approcher trop près du vide (e pericoloso sporgersi !) Quelques kilomètres et c'est la descente par une callade vers l'Aiguebrun et sa fraîcheur. Traverser la rivière et si le cœur vous en dit monter jusqu'à Sivergue. Redescendre et suivre le cours de la rivière (oubliez un peu celui de la bourse!) Passer sous le rocher de Chantebelle. Admirez sur votre droite l'Auberge des Seguins et son chaos grandiose, laissez vous tenter par cette halte gourmande, le cadre est splendide et la cuisine provençale. Vous êtes maintenant sous la corniche des Ramades, que vous avez dominée au début de la balade. Suivre la route qui mène au fort de BUOUX, site archéologique qui se visite moyennant quelques sesterces. Puis continuer par la route, passez sous la falaise du Moulin Clos et ses habitats préhistoriques, laissez sur votre droite les anciens bâtiments de la colonie de vacances, monter sur BUOUX par la D113. Un dérivatif peut être tenté en suivant la route vers BONNIEUX a deux ou trois kilomètres une petite route sur la droite dans un virage en épingle à cheveux (encore une on pourra bientôt se faire une choucroute !) qui conduit au château environnemental du Parc régional du Luberon, vous êtes toujours sur les sentiers bleus du Parc. Un sentier monte au promontoire dit "Les Escounfines" (les confins). pour découvrir l'église romane du XII éme siècle dédiée à Sainte Marie, toiture de dalles taillées, au mitan du cimetière communal, vestiges oh combien émouvants du temps passé. Redescendre vers BUOUX. Où votre carrosse vous attend à l'ombre "des noyers en fleurs" ! Bon week-end et belle balade.
Mireille MOUTTE

La balade des vallons de l'Aiguebrun

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